VIH : le dépistage doit encore progresser

, par  Delphine Delarue

Les dernières données publiées par Santé publique France à l’occasion de la Journée mondiale du sida prévue le 1er décembre montrent une augmentation du nombre de tests effectués (+11 %) et une baisse de résultats positifs au VIH (-13%) depuis 2013. L’agence sanitaire estime pour autant que le recours au dépistage reste insuffisant et doit encore se développer, en particulier chez les populations à risque.

Des résultats encourageants. D’après des données actualisées présentées dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire https://www.santepubliquefrance.fr/... (BEH – Santé publique France) à l’occasion de la Journée mondiale du sida prévue le 1er décembre, le dépistage du VIH poursuit sa progression en France et s’accompagne dans le même temps d’une diminution du nombre de tests positifs. En 2018, 5,8 millions de sérologies VIH ont été réalisées, soit une augmentation de 11 % depuis 2013. Sur ces tests, 6 200 sont revenus positifs, soit 7 % de moins qu’en 2017 et 13 % de moins qu’en 2013. Au total, près de 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité, un chiffre en recul de 7 % par rapport à 2017. Pour Santé publique France, cette « diminution du nombre de découvertes de séropositivité, couplée à une augmentation de l’activité de dépistage, peut refléter une diminution du nombre de personnes infectées non diagnostiquées et/ou une diminution de l’incidence depuis plusieurs années », notent Françoise Cazein et ses collègues de Santé publique France auteurs de ce numéro spécial VIH du BEH.

Plus de la moitié des diagnostiqués positifs jamais testés auparavant

Néanmoins, le bulletin épidémiologique souligne aussi que plus de la moitié des personnes (52%) ayant découvert leur séropositivité en 2018 n’avaient jusque-là jamais été testée pour le VIH. Cette proportion étant toutefois plus faible chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (33%), mais plus élevée chez les usagers de drogues injectables (81%) et les personnes nées en Afrique sub-saharienne (65 %). Rappelons qu’en 2017, la Haute Autorité de santé avait justement préconisé l’augmentation de la fréquence du dépistage du VIH au sein de ces publics : tous les trois mois pour les hommes homosexuels et tous les ans pour les personnes originaires de zones de forte prévalence de l’infection (notamment Afrique subsaharienne et caraïbes) et les usagers de drogues injectables.

Près de 30 % des diagnostics faits à un stade avancé

Autre donnée à souligner : parmi les découvertes de séropositivité, toujours en 2018, 25 % ont été faites à un stade précoce de l’infection et 29 % à un stade avancé. Ces découvertes à un stade avancé «  concernaient particulièrement les usagers de drogues injectables (55 % parmi eux) et les hétérosexuels (33 % parmi ceux nés en France et 35 % parmi ceux nés à l’étranger) ». Ainsi, «  Dans une perspective de réduction de l’épidémie, il est indispensable de poursuivre la sensibilisation à la nécessité du dépistage du VIH auprès des populations les plus concernées par ce retard au diagnostic », notent les auteurs.
Pour Valérie Delpech (public Health England), qui signe l’éditorial de ce BEH, ces résultats ne doivent pas être interprétés « comme un échec des efforts réalisés en termes de prévention et de dépistage, mais comme un appel à un engagement plus important et plus large, dans le but de mieux comprendre les besoins des diverses communautés les plus touchées par le VIH ». C’est également « un appel des auteurs à une plus grande sensibilisation des professionnels de santé pour proposer le dépistage du VIH et des autres IST (infections sexuellement transmissibles) ».

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