Vaccins : des propositions pour lever les doutes

, par  Isabelle Coston

Le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, mis en place par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour trouver des solutions à la désaffection grandissante des Français vis-à-vis des vaccins, lui a remis son rapport. Il y préconise, entre autres mesures, d’élargir l’obligation vaccinale.

Comment améliorer le taux de couverture vaccinale qui ne cesse de baisser en France ? C’est la question qui a été posée au comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination mis en place par Marisol Touraine. Ce dernier a en effet été chargé d’échafauder des solutions pour lutter contre la défiance de plus en plus marquée des Français vis-à-vis de la vaccination. Après avoir travaillé pendant six mois, il a rendu public son rapport le 30 novembre dernier.

Les Français très méfiants

Composé de représentants de la société civile, de professionnels de santé et de chercheurs, présidé par le professeur Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique, et vice-présidé par Claude Rambaud, coprésidente du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination a réalisé deux enquêtes d’opinion, des auditions et a recueilli sur un espace ouvert en ligne 10 435 contributions d’internautes. Il en ressort qu’« il existe en France une relative défiance à l’égard de la vaccination, qui se traduit par une couverture insuffisante pour certains vaccins, susceptible de conséquences infectieuses graves ». Outre la désastreuse campagne contre le H1N1 de 2009, dont le risque avait été surévalué par les autorités sanitaires, de nombreuses autres controverses ont contribué à créer un climat de suspicion autour des vaccins : hépatite B, obligation pour les parents de faire administrer des vaccins pentavalents ou hexavalents aux nourrissons à cause de la pénurie de vaccins classiques, inquiétudes quant aux adjuvants contenant des sels d’aluminium, etc. Cette méfiance, qui a pour conséquence une baisse de la couverture vaccinale, est à l’origine de la résurgence de maladies infectieuses, comme la rougeole en France en 2008 et en 2012, rappellent les auteurs.

De nouveaux vaccins obligatoires

En France, trois vaccins (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sont obligatoires ; les vaccins contre la coqueluche, l’hépatite B, la bactérie Hæmophilus influenzæ, le pneumocoque, le méningocoque C et les virus de la rougeole, des oreillons et de la rubéole ne sont que « recommandés ». D’après les auteurs du rapport, la coexistence de ces deux statuts contribue à semer le doute dans l’esprit des gens. C’est la raison pour laquelle ils préconisent, dans un premier temps, de rendre obligatoires tous ces vaccins, ainsi que leurs rappels, puis de lever l’obligation dans quelques années, une fois les habitudes installées. Les auteurs proposent pour cela une prise en charge intégrale du coût des vaccins par le régime obligatoire de l’Assurance maladie, soit un montant d’environ 150 millions d’euros par an.
Outre l’augmentation du nombre de vaccins obligatoires, la mise en place par les pouvoirs publics d’un site unique spécialisé, dont Vaccination-info-service.fr pourrait être la base, l’établissement d’un carnet de vaccination électronique, le recours à l’école comme lieu de vaccination et le renforcement de l’enseignement sur le sujet auprès des professionnels de santé sont aussi envisagés.

L’indépendance des membres du comité en question

Transparence et confiance vont de pair, or nombre de critiques n’ont pas manqué de s’élever, notamment concernant l’indépendance des membres du comité, qui ont pourtant publié leurs déclarations publiques d’intérêts. Parmi les seize membres du comité d’orientation, trois y mentionnent des liens avec des laboratoires développant des vaccins, comme l’ont indiqué l’Agence de presse médicale (APM) le 2 décembre et le journal Le Monde le 9 décembre sur son site. Par ailleurs, d’autres liens avec des laboratoires pharmaceutiques ne seraient pas mentionnés alors qu’ils apparaissent sur le site Transparence-sante.gouv.

Photo : Shutterstock

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