Urgences : un « pacte de refondation » de 750 millions d’euros

, par  Léa Vandeputte

Agnès Buzyn a débloqué une enveloppe de 750 millions d’euros sur trois ans pour désengorger les urgences. Elle espère ainsi résoudre la crise qui touche ces services depuis plusieurs mois.

Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a présenté, ce lundi 9 septembre 2019 lors d’une réunion avec les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-urgences, son plan « de refondation » doté de 750 millions d’euros pour la période 2019-2022. La ministre a en effet dû trouver une solution rapide face à l’ampleur inédite du mouvement social qui a débuté au mois de mars. Le 10 septembre, le collectif Inter-urgences comptabilisait en effet 250 services en grève, soit plus de la moitié des urgences françaises.

Douze mesures pour « lever la pression »

Avant l’été, Agnès Buzyn avait déjà mis sur la table une enveloppe de 70 millions d’euros dont 50 millions étaient destinés à financer une prime de risque de 100 euros net par mois pour les personnels paramédicaux des urgences. Puis, elle a mandaté, en juillet et août, le député de La République En Marche de Charente, Thomas Mesnier, et le patron du Samu de Paris, Pierre Carli, pour élaborer un nouveau plan. Grâce à ces 750 millions d’euros puisés dans les crédits existants, ils espèrent ainsi « lever la pression » qui pèse sur les urgences et désengorger les services. Douze mesures ont été annoncées dont notamment :
-  la mise en œuvre dans tous les territoires d’un service distant universel,
-  l’assistance vidéo dans tous les Samu pour communiquer avec les établissements d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ehpad),
-  l’autorisation pour les Samu d’envoyer une ambulance vers un cabinet de ville ou une maison de santé,
-  l’admission directe pour les personnes âgées sans passer par les urgences,
-  l’extension des prérogatives des personnels paramédicaux (prescription de radios, sutures) et une « prime de coopération » de 80 euros par mois,
-  l’élargissement des compétences des infirmières de pratique avancée à la spécialité urgences…

La grève se poursuit

Mais ces annonces n’ont pas réussi à convaincre tout le monde. Le collectif Inter-urgences, réuni mardi 10 septembre en assemblée générale, a voté la poursuite du mouvement. Les grévistes ont rappelé que leurs revendications – recrutement de personnels pour faire face aux besoins, réouvertures de lits, augmentation de salaire à hauteur de 300 euros net mensuels… – n’ont pas été prises en compte.

De son côté, Patrick Pelloux, président de l’Association des urgentistes de France (Amuf), s’est dit « très déçu ». Mais d’autres organisations y voient un progrès à l’image de François Braun, président de l’association Samu-Urgences de France, pour qui ces mesures « vont dans le bon sens pour sortir de cette crise » ou d’Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence, qui a noté « une volonté de faire une réforme en profondeur ».

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