Une nouvelle campagne pour dire non au verre de trop

, par  Aude Malaret

Savoir dire non au verre de trop, c’est protéger sa santé : tel est le message de la campagne de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) lancée le 18 novembre. L’objectif est de « débanaliser » l’alcool, encore trop souvent considéré comme un produit de consommation courante, alors qu’il coûte la vie à près de 50 000 personnes par an en France.

Face à l’alcool, « Oui, on peut dire non », rappelle l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) dans sa nouvelle campagne de sensibilisation, lancée le 18 novembre. « Synonyme de convivialité, l’alcool se boit entre amis, en famille […], et refuser un verre n’est pas toujours facile », souligne l’INPES. Après des stratégies visant à stigmatiser certaines attitudes, comme le fameux « Tu t’es vu quand t’as bu », l’institut a pris le parti de valoriser « un comportement responsable » et « de donner l’envie et les clés de pouvoir réagir » pour faire comprendre à chacun qu’il est « en capacité de dire non à un verre d’alcool, sans passer pour un rabat-joie ».

Résister à la pression sociale

Sans se limiter à alerter ou à informer, l’INPES invite à résister à la pression sociale. Ciblant prioritairement les 30-50 ans, l’opération pointe aussi les risques pour la santé (cancers, maladies cardiovasculaires) associés à une trop grande consommation de boissons alcoolisées, responsables de 49 000 décès en 2009. L’alcool reste la deuxième cause évitable de mortalité après le tabac. Selon la Sécurité sociale, il coûte près de 3 milliards d’euros à la société française – et, indirectement, environ 20 milliards.
Pour sensibiliser les consommateurs, deux spots télévisés sont actuellement diffusés. « Je ne savais pas qu’il fallait reprendre un verre pour être cool », ironise gentiment un jeune homme dans un bar qui refuse de boire un autre verre avec ses amis. La scène est extraite de la campagne.

 

 

La deuxième vidéo se déroule durant un dîner entre amis, autre situation de consommation ancrée dans la vie courante. L’ambiance est à la bonne humeur… « Je te ressers un verre ? »

 

Des comportements différents selon les âges

Par cette campagne, l’INPES s’adresse directement à nos comportements. Et pour cause : la consommation globale a été divisée par deux en France depuis les années 60, pour atteindre en 2010 douze litres par an et par habitant de plus de 15 ans, mais le nombre d’ivresses déclarées et d’hospitalisations dues à l’alcool est en hausse. A partir de 30 ans, la consommation quotidienne déclarée d’alcool devient de plus en plus fréquente en vieillissant, selon le baromètre santé INPES 2010. Ainsi, elle concerne 6 % des 35-44 ans, 10 % des 45-54 ans, pour atteindre 35 % chez les 75-85 ans. En outre, la consommation ponctuelle excessive, le « binge drinking », n’est pas l’apanage des jeunes : elle est aussi importante chez les 30-50 ans et progresse chez les femmes. En 2010, 18 % des 31-45 ans et 16 % des 46-60 ans ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante à une fréquence mensuelle lors des douze derniers mois.

Le dispositif Alcool Info Service fait peau neuve

A l’occasion de cette nouvelle campagne, le dispositif Alcool Info Service s’est transformé, intégrant la ligne Ecoute alcool. Le nouveau site Internet interactif Alcool-info-service.fr propose, en plus des astuces et des conseils sous forme de fiches, des questions-réponses, des chats individuels, des forums, des témoignages. Bref, de quoi s’informer sur les équivalences entre boissons et les repères de consommation et évaluer sa consommation grâce à l’alcoomètre. A noter : les jeunes ont désormais leur propre espace sur le site. Pour contacter Alcool Info Service, composez le 0 980 980 930, de 8 à 2 heures, sept jours sur sept (appel non surtaxé).

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