Une Journée mondiale dédiée à la sécurité des patients

, par  Isabelle Coston

Le 17 septembre sera désormais la date de la Journée mondiale des patients, l’occasion de sensibiliser à la fois le grand public et les personnels de santé sur la sécurité des soins.

Le 17 septembre est la date choisie par l’organisation mondiale de la santé (OMS) pour sensibiliser les pays du monde entier à la nécessité de rendre les soins plus sûrs pour éviter les accidents. L’agence sanitaire espère ainsi améliorer les pratiques médicales et impliquer davantage les patients dans les protocoles de soins.
Cette décision de faire campagne est motivée par un inquiétant bilan : des millions de patients subissent en effet chaque année des préjudices liés au manque de sécurité de certains soins. Effets indésirables en raison de traitements inadaptés ou de mauvaises prises de médicaments, notamment d’antibiotiques, erreurs de diagnostics, etc., entraînent chaque année le décès de 2,6 millions de personnes rien que dans les pays à revenu faible et intermédiaire, alerte l’OMS dans son communiqué. L’Institution souhaite donc mettre l’accent sur cet enjeu majeur de santé publique, car, s’indigne le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, son directeur général, « personne ne devrait subir des préjudices dans le cadre des soins de santé. Pourtant, toutes les minutes, au moins cinq patients dans le monde meurent en raison de soins à risque ».

Des décès évitables et des économies pour les systèmes de santé

Ce dernier entend bien y remédier et souligne, pour cela, l’importance de l’implication des patients dans leur prise en charge mais aussi d’une plus grande prise de conscience de la part des soignants : « La promotion de la sécurité des patients doit passer par la participation de ces derniers et par la possibilité pour les agents de santé de signaler des erreurs, d’en tirer les enseignements et de travailler dans un climat de bienveillance. Ils doivent être davantage responsables et bénéficier de la formation nécessaire pour réduire les erreurs. »
L’enjeu est tout d’abord sanitaire puisqu’il permettrait de sauver des millions de vies, mais il est aussi économique. Les préjudices causés se chiffrent « en milliers de milliards de dollars US dans le monde ». Les erreurs de prescriptions de médicaments, notamment, sont estimées à 42 milliards de dollars par an. « Les investissements dans la sécurité des patients peuvent engendrer des économies substantielles, explique l’OMS. La prévention coûte bien moins cher que le traitement nécessaire après un préjudice. Aux États-Unis, par exemple, les améliorations ciblées en matière de sécurité ont permis aux hôpitaux du programme Medicare de faire des économies d’un montant estimé à 28 milliards de dollars. »

Privilégier le dialogue entre patients et professionnels de santé

Une des principales pistes avancées par l’OMS, pour réduire les erreurs médicales, est de « favoriser un dialogue entre usagers/patients et professionnels de la santé ». Il est également primordial de renforcer les mesures d’hygiène dans les établissements médicaux, lutter davantage contre les infections, rationaliser l’usage des médicaments, améliorer la sécurité des pratiques cliniques, particulièrement en ce qui concerne les opérations, certains soins chirurgicaux à risque étant à l’origine d’un grand nombre de complications, voire de décès dans le monde.
Dans l’Hexagone aussi, un coup de projecteur sera mis sur la sécurité des patients. Une semaine lui sera entièrement consacrée, du 18 au 22 novembre. Elle aura pour slogan : « Les antibiotiques, ils sont précieux, utilisons-les mieux » et fera écho à la semaine mondiale de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, au cours de laquelle se tiendra la journée européenne sur le même sujet.

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