Une consultation « post-confinement » pour les plus fragiles

, par  Isabelle Coston

Une nouvelle consultation « bilan et vigilance », remboursée intégralement par la Sécurité sociale, est proposée par les médecins traitants aux patients à risques face au Covid-19 ou souffrant d’une affection de longue durée (ALD).

Sa création avait été promise le jeudi 28 mai par le Premier ministre, Édouard Philippe, lors de son discours sur la deuxième étape du déconfinement. Effective depuis le 30 mai, la consultation dite « bilan et vigilance » est une consultation complexe destinée aux patients à risque de forme grave de Covid-19 ou atteints d’une ALD « qui n’ont pas pu être suivis en consultation pendant la durée du confinement », précise le ministère des Solidarités et de la Santé dans un communiqué diffusé vendredi 29 mai.

Évaluer les impacts du confinement

D’un montant de 46 euros, elle sera « intégralement prise en charge par l’Assurance maladie », a annoncé le gouvernement qui a publié le décret d’application dans la foulée. Elle s’adresse notamment à tous ceux qui n’ont pas consulté leur généraliste pendant toute la période du confinement « et qui doivent impérativement le faire, de façon à vérifier que leur état de santé ne doit pas faire l’objet d’une surveillance particulière ou de mesures ou de traitement particulier », a détaillé Édouard Philippe. Ce rendez-vous devra permettre « d’évaluer les impacts du confinement sur la santé des patients et de s’assurer de la continuité des soins », mais aussi de « conseiller les personnes, en fonction de leurs fragilités et pathologies sur les mesures de protection à adopter dans le cadre du déconfinement », poursuit le ministère de la Santé.

Les patients à risques

Pour déterminer qui sont les patients les plus vulnérables face au Covid-19, le gouvernement s’est appuyé sur la liste dressée fin mars et réactualisée le 20 avril par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) [1]. Il s’agit notamment des personnes âgées de plus de 65 ans, de celles souffrant de diabète, d’une insuffisance rénale chronique dialysée, de problèmes respiratoires chroniques, d’immunodépression ou d’obésité, mais également des personnes ayant des antécédents cardiovasculaires, étant sous traitement pour un cancer évolutif ou encore de femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse. Ces derniers pourront donc se voir proposer cette consultation par leur médecin traitant. Bien qu’elle n’ait aucun caractère obligatoire, elle peut cependant les aider à vivre au mieux la phase de déconfinement.

[1Haut Conseil de la santé publique, Avis relatif à la prévention et à la prise en charge des patients à risque de formes graves de Covid-19 ainsi qu’à la priorisation des tests diagnostiques, 31 mars 2020, version actualisée au 20 avril 2020.

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