Une campagne inédite pour encourager la vaccination

, par  Léa Vandeputte

Les autorités sanitaires lancent une grande campagne de promotion de la vaccination. L’objectif est de poursuivre les efforts en faveur de cette mesure de protection collective un peu plus d’un an après la mise en place des onze injections obligatoires chez les enfants de moins de deux ans.

A l’occasion de la Semaine européenne de la vaccination (SEV), qui se déroule cette année du 24 au 30 avril, le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France organisent pour la première fois une grande campagne de communication sur le thème « La meilleure protection c’est la vaccination ». Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2 à 3 millions de vies sont en effet sauvées chaque année grâce à cet acte simple de prévention. Pourtant, en France, « elle fait l’objet d’une certaine défiance de la part d’une partie de la population, ce qui entraîne des retards dans les vaccinations et donc des difficultés à éliminer certaines maladies graves telles que la rougeole », rappelle la Direction générale de la santé (DGS).

Informer et restaurer la confiance

Pour redonner confiance, les autorités de santé ont décidé de communiquer sur les « bénéfices avérés de la vaccination » par le biais d’une vidéo diffusée à la télévision jusqu’au 11 mai et visible sur Internet et les réseaux sociaux. Courte et positive, celle-ci s’adresse particulièrement aux parents d’enfants de moins de 6 ans « premièrement concernés par la vaccination car la majorité des recommandations du calendrier vaccinal s’appliquent pendant la petite enfance » ainsi qu’aux jeunes adultes de 25 ans et plus « qui figurent parmi les plus hésitants à la vaccination ». En complément, le site institutionnel Vaccination-info-service.fr a pour objectif d’informer sur les maladies, de donner accès au calendrier vaccinal pour tous les âges et de répondre aux interrogations des Français. Il connaît d’ailleurs un joli succès puisque, depuis le début de l’année, 800 000 visiteurs uniques s’y sont connectés et plus de 5 millions de personnes l’on visité depuis son lancement en mars 2017. Enfin, les professionnels de santé sont aussi mis à contribution. Ils ont reçu un courrier leur présentant la campagne de communication, ses enjeux et ses objectifs, et des documents ressources pour la relayer (affichettes, dépliants à distribuer…).

Les premiers effets positifs des 11 vaccins obligatoires

Cette campagne de communication vient compléter une mesure déjà mise en œuvre : l’obligation pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018 d’être vaccinés, avant leurs deux ans, contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Cette réforme commence à porter ses fruits car, selon Santé publique France, la couverture vaccinale a connu une nette amélioration : + 36,4 points entre 2017 et 2018 pour le méningocoque C, + 5,5 points pour le vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à haemophilus influenzae de type b) et + 1,4 pour le pneumocoque sur cette même période. Les perceptions et opinions des jeunes parents sur la vaccination et ses bénéfices progressent également : l’importance de la vaccination pour la santé des enfants et pour la protection de la collectivité est reconnue par, respectivement 91 % et 87 % des parents, soit une amélioration de 5 points par rapport à juin 2018. Bien que ces premiers résultats soient encourageants, « il faut continuer de promouvoir la vaccination à tous les âges de la vie », considère la DGS.

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