Une campagne de sensibilisation pour lutter contre « la drogue du violeur »

, par  Léa Vandeputte

Le gouvernement alerte sur les dangers du GHB, un puissant somnifère et amnésiant inodore et incolore, et lance un plan pour protéger les clients des lieux festifs.

« Quelques gouttes de produit versées dans un verre et c’est le trou noir », c’est ce qui est arrivé à plusieurs victimes qui ont raconté avoir été droguées à leur insu et ne plus se souvenir de ce qu’il s’est passé ensuite. Leurs histoires, regroupées sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Balancetonbar, ont alerté la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa. Cette dernière a annoncé des mesures pour protéger les clients des lieux festifs des attaques au GHB au moment même où les boîtes de nuit rouvrent après avoir été fermées plusieurs semaines dans le cadre de l’épidémie de Covid-19.

Un stupéfiant interdit

Le GHB (acide gamma-hydroxy-butyrique) est un produit incolore et inodore qui se présente sous la forme de poudre ou de liquide. Ce stupéfiant, dont l’usage est interdit, est un puissant somnifère et un amnésiant. À une certaine dose et après avoir été ingéré, il provoque un « trou noir ». Dans les bars, les boîtes de nuit ou au cours de soirées, le GHB est versé dans les verres des victimes à leur insu « pour altérer volontairement leur discernement ou le contrôle de leurs actes et ce, afin de commettre des vols, des agressions, des abus sexuels ou des viols », explique le ministère. L’usage du GHB constitue, depuis la loi du 3 août 2018, une circonstance aggravante. En cas de viol, la peine est ainsi portée à 20 ans de réclusion criminelle.

Informer et agir

Pour informer le grand public, le gouvernement, avec l’appui de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), a édité un flyer qui sera distribué dans tous les lieux festifs. Il recommande de surveiller la préparation de son verre et de ne pas le laisser sans surveillance, de ne pas consommer de boisson dont on ignore la provenance, de garder un œil sur ses amis et d’alerter le personnel de l’établissement ou l’organisateur de la soirée face à un comportement douteux. Pour avertir plus facilement les secours en cas d’empoisonnement, un QR code sera également affiché dans les bars et les boîtes de nuit. Il suffira de le scanner pour entrer en contact avec les secours (Samu ou sapeurs-pompiers). Un dispositif précis sera alors mis en place par ces services : prélèvements toxicologiques dès l’arrivée à l’hôpital et « protocole viol » en cas d’agression (examen gynécologique, prélèvement ADN, isolement des vêtements). Enfin, un guide pratique à destination des professionnels des établissements de nuit recensant les bons réflexes à avoir et les démarches à effectuer a aussi été édité. Avec ce plan, « nous voulons sortir de la solitude les victimes droguées à leur insu, il faut renverser la honte », a insisté Marlène Schiappa.

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