Trop de médicaments pour les personnes âgées

, par  Enrique Moreira

Il y a un peu moins d’un an, l’Académie de médecine publiait une série de recommandations concernant la polymédicamentation, particulièrement chez les personnes âgées. Elle attirait l’attention sur les effets indésirables qui pouvaient en résulter. Aujourd’hui, la situation n’a pas beaucoup évolué. Les médecins n’ont toujours que très peu de recommandations sur les prescriptions à suivre, notamment à cause d’un manque d’informations précises sur les conséquences des traitements chez les seniors.

En juin 2012, l’Académie de médecine publiait une série de recommandations relatives à la prescription de médicaments chez les personnes âgées. Elle estimait que les praticiens devaient apprendre à mieux tenir compte du fait que, souvent, ces patients souffrent de plusieurs pathologies. Or, notait à l’époque l’académie, « il existe une relation entre le nombre de médicaments consommés et la survenue d’un effet indésirable médicamenteux ».

Manque d’information

Le faible niveau de précision de cette dernière remarque n’est pas anodin. Il existe en effet un véritable manque d’information sur l’assimilation d’un médicament par l’organisme d’une personne âgée. Les connaissances sont encore plus restreintes concernant les conséquences du suivi de plusieurs traitements en même temps (la polymédicamentation).
Aujourd’hui, la situation semble n’avoir que très peu évolué. C’est parce que « les essais en gériatrie sont exceptionnels », relève le docteur Jean-Marie Vetel, gériatre au Mans, dans un article publié dans le Quotidien du médecin la semaine dernière. En conséquence, les praticiens s’adaptent et se basent sur une extrapolation, quelque peu hasardeuse, des données de l’adulte.

Mieux hiérarchiser les risques

Pourtant, le senior n’est pas un adulte comme les autres. « La frontière pourrait être fixée artificiellement à 75 ans », note le Quotidien du médecin. Au-delà, les patients doivent être considérés comme étant davantage « à risque », puisqu’ils ont en moyenne entre six et sept maladies simultanément. Ce sont aussi des personnes très fragiles.
Le réflexe est généralement de traiter toutes ces pathologies en même temps. Pourtant, cela a souvent des conséquences désastreuses. Ainsi, 10 % des plus de 75 ans atterrissent aux urgences à cause d’un problème lié à leur médicamentation. C’est ce que l’on appelle l’iatrogénie. Pour éviter cela, le docteur Jean-Marie Vetel recommande notamment de mieux hiérarchiser les risques liés à chacune des maladies pour choisir celle que l’on traite en priorité. Il rappelle aussi la nécessité de contrôler régulièrement les reins : c’est un bon moyen de connaître l’effet de la médecine sur l’organisme tout entier.

Sources
- « Médicaments chez les seniors. Ce que vous devez savoir ? », dossier de la rédaction du Figaro Santé (disponible en ligne sur Sante.lefigaro.fr).
- « Encore trop de médicaments prescrits aux seniors », par Anne Prigent, Lefigaro.fr, 23 avril 2012.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS