Encore trop de sel dans l’alimentation

, par  Delphine Delarue

D’après une vaste étude internationale, la consommation excessive de sel serait responsable de plus de deux millions de décès par an dans le monde.

On ne le répétera jamais assez : consommer trop de sel nuit gravement à la santé. Selon une récente étude rassemblant 488 scientifiques de cinquante pays, la surconsommation de sel causerait même la mort de 2,3 millions de personnes chaque année dans le monde. D’après les chercheurs, rien qu’aux Etats-Unis 280 000 à 500 000 décès pourraient être évités en dix ans si les Américains limitaient leur apport moyen à 1,5 gramme par jour, contre 3,6 grammes actuellement. Si cette quantité semble élevée, elle demeure cependant bien inférieure aux chiffres européens, français en particulier : selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), nous consommons environ 10 grammes de sel par jour chez les hommes et 8 grammes chez les femmes. Sachant que le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande une dose maximale de 8 grammes par jour pour un homme et 6,5 grammes pour une femme et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe à 5 grammes par jour le seuil à ne pas dépasser quel que soit le sexe, les Français restent bien loin du compte.

Hypertension artérielle et maladies cardiovasculaires

Or, l’excès de sel est aujourd’hui reconnu comme un facteur de risque de l’hypertension artérielle, des maladies cardiovasculaires et d’autres affections, tel le cancer de l’estomac. Et comme le souligne l’Anses, ce n’est pas tant la pincée de condiment que l’on ajoute à son assiette qui est en cause, mais plutôt le sel « caché », celui qui se dissimule dans les plats préparés, les charcuteries, les soupes, le pain, le fromage, les viennoiseries ou encore les céréales du petit-déjeuner. Dans un avis rendu en octobre dernier, l’agence se plaignait d’ailleurs des efforts inégaux menés par les industriels pour réduire la teneur en sel de certains de leurs produits. Dès 2000, ces derniers s’y étaient pourtant engagés, et si des progrès ont effectivement été réalisés – l’Anses a constaté une baisse de 4 % de la teneur en sel sur 48 aliments les plus contributeurs suivis depuis 2003 –, ils restent encore insuffisants. Pour atteindre les recommandations du PNNS en 2015 (8 grammes par jour pour un homme et 6,5 grammes pour une femme), les apports en sel dans l’alimentation des Français devrait avoir baissé de 20 %. Un objectif qui semble difficile à atteindre en si peu de temps.

Sources
- « L’excès de sel nuit gravement à la santé cardiovasculaire », Damien Mascret, Lefigaro.fr, 8 avril 2013.
- « Avis de l’Anses relatif au suivi des teneurs en sel des principaux vecteurs entre 2003 et 2011 », Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 15 octobre 2012.

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