Semaine de la sécurité des patients 2014 : les chiffres sont publiés

, par  Juliette Bencivengo

Pour la quatrième année consécutive, les cliniques et les hôpitaux français se sont soumis à la transmission obligatoire de certaines de leurs données. L’étude de ces chiffres montre que, si des améliorations sont constatées, des efforts importants restent encore à faire au niveau national.

C’est à l’occasion du lancement de la IVe Semaine de la sécurité des patients sur la coordination entre l’hôpital et la ville que la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et la Haute Autorité de santé (HAS) ont communiqué les chiffres des établissements de santé en la matière. Résultat : les hôpitaux et les cliniques ont progressé dans la prise en charge et le suivi des patients, mais il reste de nettes améliorations à effectuer dans certains domaines.

Des objectifs de performance presque atteints

Ainsi, la maîtrise de la diffusion des bactéries multirésistantes responsables d’infections nosocomiales a largement progressé : 90 % des structures obtiennent un bon résultat, contre 79 % l’an dernier. De la même manière, la tenue du dossier du patient ou de son dossier anesthésique ou encore l’évaluation de la douleur ressentie par ce dernier atteignent, ou frôlent, les objectifs de performance déterminés par les autorités de santé. En effet, 79 % des dossiers, au lieu des 80 % espérés, sont tenus à jour en soins de courte durée dans les établissements de médecine, de chirurgie et d’obstétrique (MCO) et dans ceux qui prennent en charge les problèmes de santé mentale. Le nombre atteint néanmoins les 80 % requis pour les structures spécialisées dans les soins de suite et de réadaptation (SSR) et grimpe jusqu’à 85 % pour l’hospitalisation à domicile. La douleur des patients est aussi généralement bien prise en charge, puisque 81 % des dossiers médicaux en font mention dans les MCO et 84 % dans les SSR. Les chiffres concernant les dossiers d’anesthésie sont également satisfaisants : 17 établissements sur 20 tiennent correctement les dossiers (80 % et plus), avec un risque anesthésique évalué 18 fois sur 20.

Des efforts sont encore à réaliser

Certains points méritent, en revanche, qu’on leur apporte une attention particulière. C’est le cas de l’envoi des courriers en fin d’hospitalisation, à destination du médecin référent ou de l’établissement de transfert, qui résument les conclusions des praticiens sur l’état du patient. Dans les MCO, ils ne sont pas envoyés dans plus de la moitié des cas. Par ailleurs, la traçabilité des prescriptions médicamenteuses n’est pas satisfaisante dans 13 dossiers sur 20. Quant à la douleur post-opératoire, elle n’est évaluée par l’équipe soignante que dans 14 cas sur 20.
Cette année a toutefois vu la mise à jour du site Scopesante.fr, qui reprend les derniers résultats des indicateurs de santé à destination du grand public. Parmi les améliorations, un moteur de recherche géographique permet d’accéder plus facilement aux données.

Sources
- « Qualité et sécurité des soins : des progrès et des pistes d’amélioration », Allodocteurs.fr, 25 novembre 2014.
- « Qualité, sécurité et coordination des soins : lancement de la semaine de la sécurité des patients et résultats des indicateurs nationaux », Sante.gouv.fr-, 24 novembre 2014.

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