Traitement hormonal de la ménopause : éviter le risque de thrombose

, par  Isabelle Coston

Pour atténuer l’inconfort dû aux changements hormonaux qui surviennent avec la ménopause, certaines femmes se voient prescrire un traitement hormonal. Celui-ci doit être encadré afin de ne pas augmenter le risque de thrombose, notamment.

Le Collège national des gynécologues français (CNGOF) et le Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement (Gemvi) ont publié des recommandations pour encadrer l’utilisation du traitement hormonal de la ménopause (THM) en fonction du risque de thrombose veineuse, autrement dit le risque de formation d’un caillot sanguin. Ce dernier doit donc être évalué avant toute prescription, puis lors de chaque renouvellement.

Atténuer les symptômes de la ménopause

Bouffées de chaleur intempestives, troubles du sommeil, de l’humeur ou encore sécheresse vaginale peuvent se manifester chez certaines femmes lorsqu’elles abordent l’étape délicate de la ménopause. Pour pallier cet inconfort, un traitement hormonal peut leur être prescrit sous certaines conditions. Il associe généralement de l’œstrogène naturel, administré le plus souvent sous forme de gel ou de patch à appliquer sur la peau, et de la progestérone bio-identique micronisée (réduite en minuscules particules) à prendre par voie orale, la sécrétion de ces deux hormones reproductrices baissant en effet de manière progressive aux alentours de la cinquantaine. Le TMH présente par ailleurs l’avantage de diminuer le risque d’ostéoporose et donc de fracture, qui est amplifié avec l’arrivée de la ménopause et la chute de la production d’œstrogènes qui la caractérise. Il apporte aussi une certaine protection vasculaire.

Analyser les facteurs de risque

S’il procure une amélioration de symptômes gênants (appelés symptômes climatériques), ce traitement hormonal ne conviendra cependant pas à toutes les femmes. Certains facteurs de risques doivent notamment être pris en compte : l’obésité, l’âge, les antécédents personnels de maladie veineuse thromboembolique (MVTE), la thrombophilie biologique (un état d’hypercoagulabilité qui augmente le risque de thrombose), les antécédents familiaux au premier degré avant 50 ans. Le cancer du sein ou de l’utérus, des antécédents de maladies thromboemboliques veineuses ou artérielles (phlébite, embolie pulmonaire, angine de poitrine), une maladie du foie, par exemple, font partie des contre-indications au TMH.

Les recommandations

Le traitement doit être est prescrit pour la durée la plus courte possible. Il doit ensuite être réévalué chaque année. La prescription d’œstrogène par voie cutanée est à privilégier par rapport à la prise d’estrogènes par voie orale sous forme de comprimés, qui a pour effet d’augmenter les risques de thrombose. Par ailleurs, il a été prouvé que commencer le traitement dès le début de la ménopause permettait de réduire le risque d’effets indésirables.

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