Tour d’horizon de l’euthanasie en Europe

, par  Pauline Maisterra

Maintenir ou non en vie Vincent Lambert : le marathon judicaire n’est toujours pas fini. Le sort de ce tétraplégique en état végétatif est maintenant suspendu à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Saisis le 25 juin par ses parents, les tribunaux ont bloqué en urgence la décision rendue le jour même par le Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de cet ancien infirmier de 38 ans, grièvement blessé à la suite d’un accident de moto en 2008. Cette affaire relance la question de la fin de vie en France. L’euthanasie y est interdite. La loi Leonetti de 2005 autorise les médecins soit à administrer des traitements anti-douleur afin de soulager la souffrance avec pour « effet secondaire d’abréger la vie » du malade en « phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable », soit à arrêter le traitement du patient. Qu’en est-il chez nos voisins européens ?

Les pays qui autorisent l’euthanasie active

• Les Pays-Bas sont le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie active, en avril 2002. Cela consiste à injecter un médicament qui a pour objectif d’entraîner la mort. Le malade doit être en pleine possession de ses moyens et en faire la demande à un médecin. Ce dernier vérifiera que le patient est atteint d’une maladie incurable et qu’il ressent une souffrance « insupportable et sans perspectives d’amélioration ». L’avis d’un second praticien est nécessaire. Le pays autorise l’euthanasie pour des malades âgés d’au moins 12 ans.
• En Belgique, elle est légale pour les adultes depuis septembre 2002 et a été étendue aux mineurs, sans limite d’âge, mais selon certaines conditions, depuis février 2014. Une première dans le monde. Pour cela, le patient doit ressentir une « souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ». Sa demande doit être « volontaire, réfléchie et répétée », rédigée dans une « déclaration anticipée » valable cinq ans.

Les pays qui tolèrent l’euthanasie passive

• En Allemagne, l’euthanasie passive est tolérée depuis 2010. Cela consiste à arrêter, sur demande écrite du patient, ses traitements médicamenteux, son alimentation ou son hydratation artificielle.
• Au Danemark, chaque adulte est obligé, à sa majorité, de faire une sorte de « testament médical » par écrit pour que les médecins puissent prendre en compte, en cas de maladie incurable ou d’accident très grave, ses vœux, en d’autres termes s’il veut ou non être maintenu en vie. Ces écrits sont sauvegardés dans un registre central et peuvent être renouvelés tous les trois ans.

Les pays qui interdisent l’euthanasie

En Italie, en Grèce, en Roumanie, en Pologne et en Irlande, l’euthanasie est considérée comme un homicide, même avec l’accord écrit du malade. Elle est passible d’une peine de réclusion de six à quinze ans en Italie, de sept ans en Grèce comme en Roumanie, de trois mois à cinq ans en Pologne et de quatorze ans en Irlande.

Le docteur Bonnemaison acquitté
L’urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison a été acquitté, mercredi 25 juin, de la totalité des faits qui lui étaient reprochés. Depuis le 11 juin, il comparaissait devant la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques pour avoir administré, entre 2010 et 2011, à sept de ses patients âgés, malades et en fin de vie des médicaments qui ont accéléré leur mort. Un acte qu’il n’a jamais nié. Quelque temps après l’annonce du verdict, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a déclaré que cette décision « confortait » la volonté du gouvernement de « faire évoluer le cadre législatif ».

 

Sources
- « Légalisation de l’euthanasie : où en sont les pays européens ? », Le Monde, 2 février 2014.
- « Euthanasie, fin de vie : les différentes pratiques en Europe », Les Echos.
- « La Belgique légalise l’euthanasie pour les mineurs », Libération, 13 février 2014.
- « La Cour européenne ordonne le maintien en vie de Vincent Lambert », Le Figaro, 25 juin 2014.
- « Euthanasie : le docteur Bonnemaison acquitté de la mort de sept patients », Francetvinfo.fr, le 25 juin 2014.

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