Le test HPV plus efficace contre le cancer du col de l’utérus que le frottis

, par  Delphine Delarue

Selon une étude parue récemment dans « The Lancet », dépister le cancer du col de l’utérus en s’appuyant sur le test HPV induirait un gain de protection de 60 à 70 % par rapport à un suivi basé sur des examens cytologiques.

Pour dépister le cancer du col de l’utérus, un simple test HPV plus efficace que le traditionnel frottis ? C’est ce que suggère une étude parue récemment dans la revue médicale britannique The Lancet. Réclamé par les associations de patientes en remplacement de l’examen cytologique (frottis), ce test consiste à rechercher directement dans les cellules prélevées lors du dépistage la présence du papillomavirus humain (HPV), à l’origine de 99 % des cancers du col de l’utérus. Cette méthode permet de définir le risque de cancer avant même que les cellules ne soient atteintes, puis altérées par le HPV – ce sont ces modifications des cellules qui évoluent ensuite en cancer. De plus, effectuer un tel test tous les cinq ans serait largement suffisant.
Actuellement, le frottis, qui se pratique tous les trois ans, consiste d’abord à observer au microscope les cellules recueillies afin de repérer d’éventuelles anomalies. Le dépistage du HPV n’a lieu que si certaines de ces cellules présentent des modifications suspectes. Ensuite, des examens approfondis sont entrepris pour déterminer si la mise en place d’un traitement est nécessaire. Des d’étapes coûteuses pour l’Assurance maladie et stressantes pour la patiente, d’autant que la présence de cellules suspectes n’implique pas forcément la contamination au papillome humain ou la présence d’un cancer.

Quatre essais européens analysés

Pour les auteurs de l’étude, qui ont analysé quatre essais européens comparant les deux méthodes, le test HPV est plus efficace. Selon les résultats des essais analysés, sur une période de six ans et demi de suivi, les chercheurs ont tout d’abord constaté un nombre similaire de cancers invasifs détectés par les deux méthodes aux cours des deux premières années. Ensuite, le nombre de cancers diagnostiqués a diminué chez les femmes dépistées au HPV et le gain de protection a été évalué entre 60 et 70 %. Face à un tel résultat, l’équipe du docteur Ronco recommande la généralisation du test HPV pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. A terme, la mise en place de cette méthode induirait une baisse des coûts liés au dépistage (examens moins fréquents et mieux ciblés) et une meilleure protection des femmes. Une telle initiative supposerait cependant de réorganiser toute la filière du dépistage en profondeur, avec tout ce que cela implique en matière d’investissements logistiques et financiers.

Sources
- « Le dépistage par le test HPV protège mieux du cancer du col invasif que le frottis », docteur Irène Drogou, Lequotidiendumedecin.fr, 4 novembre 2013.
- « Cancer du col de l’utérus : le test HPV plus efficace que le frottis », Audrey Vaugrente, Nouvelobs.com, 4 novembre 2013.
- « Efficacy of HPV-based screening for prevention of invasive cervical cancer : follow-up of four European randomised controlled trials », docteur Guglielmo Ronco, professeur Joakim Dillner et al., The Lancet, 3 novembre 2013.

Vaccin contre le HPV : une seule dose suffirait
Une seule injection de vaccin contre le virus du papillome humain (HVP) suffirait à produire une immunité durable, d’après une étude parue dans la revue Cancer prevention research. Actuellement, en France, trois injections sont préconisées pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage prévu pour les 15-19 ans non vaccinées. Or, les objectifs de 95 % de couverture vaccinale sont loin d’être atteints, puisque seules 30 % des ados ciblées ont reçu les trois doses. D’après l’étude, réalisée à partir d’un essai effectué au Costa Rica, les niveaux d’anticorps contre le HPV 16 et le HPV 17 (les souches les plus virulentes) chez les femmes qui n’ont reçu qu’une seule dose restent stables et satisfaisants au bout de quatre ans. Ainsi, une injection unique correctement dosée ou deux seraient suffisantes. Certains pays comme la Suisse, le Chili ou le Canada appliquent déjà un schéma à deux doses. Voilà qui pourrait faire évoluer la politique vaccinale du cancer du col de l’utérus dans notre pays : passer à deux doses, voire à une, pourrait contribuer à améliorer la couverture vaccinale tout en réduisant les coûts.

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