Système de santé au Japon : les défis du vieillissement

, par  Aliisa Waltari

Avec un système de santé reconnu comme étant l’un des meilleurs au monde, le Japon permet à tous ses citoyens d’accéder à des soins de qualité. Le pays doit cependant faire face à l’augmentation constante de ses dépenses de santé liée aux besoins spécifiques d’une population vieillissante.

Classé quatrième mondial selon le palmarès annuel Bloomberg Most Efficient Health Care 2014, le système de santé japonais offre des soins de qualité à l’ensemble de ses citoyens. L’espérance de vie à la naissance y demeure très élevée (81 ans pour les hommes et 87 ans pour les femmes), alors que la mortalité infantile est l’une des plus basses de la planète (2,13 décès pour 1000 naissances). Introduit en 1961, le système d’assurance maladie universelle obligatoire, inspiré du modèle bismarckien, comprend trois régimes principaux, fondés sur l’affiliation professionnelle et financés par des cotisations patronales, syndicales, ainsi que par des subventions de l’Etat.
Dans le détail, le premier de ces régimes, l’assurance maladie des salariés, géré par l’Etat ou par les compagnies d’assurances selon la taille de l’entreprise*, couvre la plupart des employés du secteur privé. Le deuxième, le régime public d’assurance maladie, placé sous l’égide des municipalités, concerne les travailleurs indépendants, les salariés à temps partiel, les chômeurs et les exploitants agricoles. Le troisième, chapeauté par les préfectures, s’adresse quant à lui aux personnes âgées de plus de 75 ans.

Un reste à charge de 30 %

Quel que soit le régime, la part des dépenses pour les actes et soins médicaux restant à la charge des usagers est de 30 % (20 % pour les enfants de moins de 6 ans et 10 % pour les assurés de plus de 70 ans aux revenus les plus faibles).
Les soins de premier recours sont assurés par les cabinets médicaux, dans lesquels les généralistes exercent seuls, mais aussi par un maillage de toutes petites cliniques qui appartiennent traditionnellement aux médecins. Viennent ensuite les hôpitaux, qui dans la plupart des cas sont gérés par les pouvoirs publics et qui prodiguent les soins spécialisés.
Selon le Panorama de la santé 2015 de l’OCDE, les dépenses de santé ont progressé au Japon beaucoup plus rapidement ces dernières années que dans la plupart des pays de l’OCDE. La part de ces dépenses dans le PIB atteignait 10,2 % en 2013, contre une moyenne de 8,9 % dans les autres pays.

Favoriser le maintien à domicile

Un tel pourcentage s’explique notamment par une population vieillissante qui consomme davantage de soins et par une forte croissance des dépenses pharmaceutiques associées. Adapter son système à ce vieillissement est l’un des principaux défis du pays : en octobre 2013, le Japon comptait 31,4 millions de personnes âgées et, si aujourd’hui une personne sur quatre a plus de 65 ans, ce taux devrait atteindre une personne sur trois d’ici à 2050. Plusieurs réformes sont d’ailleurs entreprises pour faire face à ce problème, par exemple en favorisant les aides à domicile afin de réduire les coûts sociaux des séjours prolongés à l’hôpital.
Autre défi à relever : augmenter la densité médicale, trop faible par rapport au nombre d’habitants. Selon le Panorama de la santé 2015, les mesures prises en 2008, et notamment celle consistant à augmenter les taux d’admission dans les facultés de médecine, devraient pallier en partie cette situation.

* Conformément à la loi sur l’assurance maladie, les entreprises de plus de 700 salariés peuvent mettre en place ou confier à une compagnie d’assurances la gestion de leur propre assurance maladie.

Source
Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale, Cleiss.fr ; Panorama de la santé 2015, Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

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