Stratégie nationale : 21 mesures pour lutter contre la pauvreté

, par  Léa Vandeputte

Attendu depuis un an, le plan pauvreté vient enfin d’être dévoilé par le président Emmanuel Macron. D’un montant de 8 milliards d’euros, étalé sur quatre ans, il comprend vingt et une mesures pour venir en aide aux plus démunis, mais une seule consacrée à l’accès aux soins.

Le président de la République a présenté jeudi 13 septembre au musée de l’Homme à Paris, la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Emmanuel Macron ambitionne de provoquer une « révolution profonde qui rende aux Français leurs droits, leur dignité, leur espérance ». Celle-ci est construite autour de trois principes : « la prévention, qui attaque les inégalités avant qu’il ne soit trop tard, car c’est à la fois plus efficace et plus juste ; l’universalité, qui donne les mêmes droits à chacun, de manière transparente, parce que c’est le seul moyen de rebâtir la confiance dans notre système, la dignité par l’aide, l’accompagnement, la présence ; le travail comme clé de l’émancipation pour toutes celles et ceux qui peuvent y avoir accès, car c’est ce qui permet à chacun de véritablement construire sa vie », indique-t-il dans le dossier de presse du plan. Pour ce faire, cinq engagements et vingt et une mesures ont été définis. Au total, 8 milliards d’euros seront mis sur la table entre 2019 et 2022.

Une complémentaire santé pour tous

L’une des mesures phares de l’engagement intitulé « Vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité », consiste à garantir à chacun l’accès à une complémentaire santé. Il existe actuellement deux dispositifs pour les personnes les plus modestes : l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) et la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), qui permet une prise en charge gratuite de la part complémentaire. L’ACS sera à l’avenir « intégrée » à la CMU-C et sera remplacée par une participation financière inférieure à 1 euro par jour. L’objectif est d’éviter les non-recours : plus de 50 % des personnes éligibles à l’ACS et n’en font pas la demande. « Pour un couple de personnes âgées cette réforme permettra un gain de 600 euros par an ; pour une famille monoparentale avec trois enfants un gain de plus de 700 euros par an, affirme le gouvernement. Au total 200 000 personnes supplémentaires pourront bénéficier de la CMU-C et le panier d’offre sera amélioré pour 1,4 million de personnes. » Suite à cette annonce, la Mutualité française, a « pris acte » de ce nouveau dispositif. « Plus simple, il devrait faire bénéficier les Français qui ont les revenus les plus modestes de la réforme du 100 % Santé, tout en préservant leur liberté de choix de l’organisme qui les protège », a-t-elle réagi dans un communiqué.

Egalité des chances, formation, emploi…

Le plan pauvreté met aussi en avant la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes. Le président de la République souhaite promouvoir l’égalité des chances « dès les premiers pas » afin d’empêcher « qu’un enfant pauvre aujourd’hui ne devienne un adulte pauvre demain ». Les crèches, qui constituent des cadres de socialisation précoce, devront ainsi favoriser la mixité sociale. Autre axe de travail : les droits fondamentaux des enfants sont réaffirmés. Le but affiché est de « réduire le taux de privation matérielle des enfants pauvres ». L’éducation alimentaire, par exemple, sera encouragée avec la distribution de petits déjeuners offerts dans les écoles des quartiers défavorisés et avec des tarifs plus accessibles pour les cantines. Enfin, la formation et l’insertion sociale par l’emploi sont les deux derniers engagements que veut mettre en œuvre le gouvernement. Un parcours de formation sera garanti pour tous les jeunes jusqu’à leurs 18 ans. Le système des minima sociaux sera quant à lui simplifié grâce à l’instauration d’un revenu universel d’activité qui se substituera « au maquis des prestations ». Une « Garantie d’activité » comprenant un accompagnement personnalisé vers la reprise d’activité pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) sera également créée.

Pour en savoir plus : Investirdanslessolidarites.gouv.fr.

Pour en savoir plus : Investirdanslessolidarites.gouv.fr.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

En finir avec le mal de tête

Même s’ils peuvent être très gênants, les maux de tête sont la plupart du temps sans gravité, mais quand ils se répètent, c’est toute la qualité de vie qui est altérée. Heureusement, qu’il s’agisse de céphalée de tension ou de migraine, des solutions efficaces existent, à condition de bien identifier la (...)

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

ARTICLES RÉCENTS