Un statut médical à l’hôpital pour les sages-femmes

, par  Aude Malaret

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé, le 4 mars, la création d’un statut médical spécifique pour les sages-femmes des hôpitaux, mobilisées depuis quatre mois et demi afin d’obtenir une meilleure visibilité de leur profession. Des mesures estimées insuffisantes par une partie du mouvement, qui reste mobilisé. Plusieurs avancées vont pourtant dans le sens d’une plus grande reconnaissance.

Après quatre mois et demi de conflit social pour une meilleure reconnaissance (lire notre article du 7 novembre 2013), les sages-femmes ont enfin obtenu un statut médical spécifique pour la profession au sein des hôpitaux de la fonction publique hospitalière. Plusieurs semaines de négociation auront été nécessaires avant que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, annonce, le 4 mars, les contours des cinq principales mesures, qu’elle a qualifiées d’« avancées sans précédent ». Les sages-femmes jouiront donc d’une situation différente des personnels paramédicaux comme les infirmiers ou les kinés, mais elles ne seront pas non plus des praticiens hospitaliers comme les médecins, ce qui les aurait fait sortir de la fonction publique, explique le quotidien Les Echos. « Les sages-femmes ne sont pas des médecins », a justifié la ministre.

Des compétences reconnues comme médicales

Concrètement, ce nouveau statut va apporter de vrais changements pour les 12 000 sages-femmes des établissements de santé publique. Elles ne seront plus sous l’autorité des cadres paramédicaux, mais dépendront de la direction du personnel médical. « Les compétences des sages-femmes seront désormais identifiées et reconnues comme médicales sans aucune ambiguïté, se félicite la ministre dans Le Monde. Il s’agit d’une rupture totale avec le passé, puisque leur profession n’est plus paramédicale. » Jusqu’à présent, celle-ci était la seule profession médicale à bac + 5 à être associée à l’hôpital avec les paramédicaux comme les aides-soignants, rappelle Lefigaro.fr. Le décret instituant ce nouveau statut devrait paraître dans les prochains mois.

Plus de responsabilité et des salaires revalorisés

La ministre lancera cette année une campagne de communication pour mieux faire connaître les « compétences médicales » des sages-femmes, en ville et à l’hôpital, qui « ne se limitent pas aux soins liés aux grossesses et aux accouchements. Elles peuvent en effet réaliser des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention ». Ensuite, de nouvelles responsabilités leur seront attribuées : « Lors de l’élaboration du projet médical d’établissement, les sages-femmes participeront avec les médecins à une réflexion sur la prise en charge des mères et des nouveau-nés », indique le site du gouvernement. Elles pourront aussi avoir, pour la première fois, la responsabilité d’unités fonctionnelles. Concernant la formation, le niveau de rémunération des étudiants en maïeutique en quatrième et en cinquième année sera aligné sur celui des étudiants en médecine. Quant à la rémunération, aujourd’hui d’environ 2 100 euros brut en début de carrière, la première concertation en vue d’une revalorisation aura lieu en avril. Les sages-femmes sont actuellement rémunérées à partir des grilles salariales paramédicales.

Insatisfaite, une partie du mouvement reste mobilisée

Ces mesures, bien accueillies par les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, Solidaires, Unsa, UNSSF), ont été jugées décevantes par le collectif qui regroupe les associations de sages-femmes, des organisations étudiantes et la CFTC. Si les réactions sont loin d’être unanimes, c’est que les intérêts défendus divergent : la première partie du mouvement souhaitait que les sages-femmes restent dans la fonction publique, un statut plus protecteur, tandis que la seconde demandait l’obtention du statut de praticien hospitalier, refusé par la ministre. Le collectif, « très en colère » de devoir rester « sous la tutelle des médecins », entend maintenir la mobilisation et réfléchit à de nouvelles actions.

Sources
- « Pourquoi Marisol Touraine ne parvient pas à calmer la colère des sages-femmes ? », La-croix.fr, Pierre Bienvault, 4 février 2014.
- « Les sages-femmes obtiennent un statut médical à l’hôpital », Camille Bordenet, Lemonde.fr 4 février 2014.
- « Les sages-femmes prennent du galon à l’hôpital », Guillaume Guichard, Lefigaro.fr, 4 février 2014.
- « Touraine crée un statut médical de sage-femme des hôpitaux, mais n’éteint pas la colère », Lequotidiendumedecin.fr, 4 février 2014.
- « Les sages-femmes ne désarment pas », Vincent Collen, Lesechos.fr, 5 février 2014.
- « Cinq avancées sans précédent pour la profession de sages-femmes », Gouvernement.fr.

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