Sortie de maternité : la HAS pour un retour à la maison mieux accompagné

, par  Delphine Delarue

La Haute Autorité de santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations concernant les conditions de sortie de maternité et les modalités de suivi de la mère et de son enfant. Elle préconise notamment deux visites à domicile pour chaque jeune maman de retour à la maison.

« Si les différentes études montrent que les femmes sont globalement satisfaites de la prise en charge de leur grossesse et de l’accouchement, elles montrent en revanche des réserves sur la gestion de la sortie de la maternité et l’accompagnement du retour à domicile », indique la Haute Autorité de santé (HAS) en préambule aux recommandations qu’elle vient d’émettre au sujet des suites de l’accouchement. Alors que les séjours en maternité sont de plus en plus courts, la Haute Autorité a souhaité réactualiser ses préconisations afin de mieux garantir la sécurité de la mère et de son enfant. Pour cela, et pour la première fois, elle a tout d’abord fixé des durées de séjour standards : alors qu’en France les femmes restent en moyenne 4,3 jours à la maternité (3,1 jours dans les autres pays de l’OCDE), la HAS recommande un séjour de trois à quatre jours en cas d’accouchement par voie basse et de quatre à cinq jours pour une césarienne. Avant ces délais, toute sortie sera considérée comme précoce et nécessitera l’accord de la mère ou du couple. Et dans tous les cas, l’équipe médicale devra s’assurer que la mère n’a « pas d’hémorragie ni d’infection, qu’elle n’est pas fragile psychologiquement ou socialement, qu’il n’y a pas de complications non traitées ou de pathologies non équilibrées ». Chez le bébé, il s’agira de vérifier « que l’examen clinique initial est normal, que les fonctions liées à l’alimentation, les selles, les mictions et les transits, sont établies. Le nouveau-né ne doit pas avoir de température, de perte de poids ni d’ictère nécessitant une photothérapie », précise la Haute Autorité.

Repérer les situations à risque

La HAS entend aussi mieux encadrer le retour à la maison. Certaines mamans, surtout s’il s’agit de leur premier enfant et d’autant plus quand elles sont isolées, peuvent se trouver démunies, perdues, angoissée et avoir du mal à créer du lien avec leur nouveau-né. La HAS recommande donc deux visites à domicile, qui pourraient être effectuées par une sage-femme, un médecin généraliste ou un spécialiste choisi avant la naissance. Le rôle de ce professionnel de santé sera de repérer les situations à risque, d’orienter la jeune mère vers d’autres professionnels en cas de complication ou encore de donner des conseils sur les soins et l’alimentation de l’enfant. En cas de sortie précoce, une troisième visite est vivement recommandée.

Depuis 2011, le dispositif Prado développé par l’Assurance maladie permet déjà d’organiser un suivi à domicile des jeunes accouchées par des sages-femmes. Pris en charge à 100 % pendant douze jours, il permet aussi, et c’est là qu’il s’oppose aux préconisations de la HAS, de réduire le séjour en maternité - et donc de faire des économies. Mais jusqu’ici, seuls cinq établissements hospitaliers y ont adhéré (les hôpitaux de Fréjus-Saint-Raphaël, de Toulon, de Hyères, de Draguignan et la clinique Saint-Jean à Toulouse).

Sources
- « Prado : l’accompagnement des mamans », Ameli.fr, 2 janvier 2014.
- « Sortie de maternité et accouchement : conditions de sortie et modalités de suivi de la mère et de l’enfant », communiqué de presse de la Haute Autorité de santé (HAS), 13 mars 2014.
- « La Haute Autorité de santé fixe la durée standard des séjours à la maternité », Leparisien.fr-AFP, 14 mars 2014.

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