Sida : la conférence de Durban dresse un bilan alarmant

, par  Isabelle Coston

La XXIe Conférence internationale sur le sida, qui se tient à Durban, en Afrique du Sud, jusqu’au 22 juillet 2016, s’est ouverte sur une note très alarmiste concernant l’évolution de l’épidémie et les immenses disparités d’accès aux traitements dans le monde.

Dès l’ouverture de la conférence mondiale sur le sida de Durban, le 18 juillet, les intervenants ont pointé de profondes inégalités en matière d’accès aux traitements et partagé leur inquiétude quant au développement de la maladie. Depuis la première conférence de Durban, en 2000, des progrès ont certes été réalisés dans la lutte contre l’épidémie : alors que seulement « un million de personnes dans le monde avait accès aux antirétroviraux, essentiellement dans les pays du Nord », a rappelé l’association française Aides, 15 millions de personnes en bénéficient aujourd’hui.
Malgré ces chiffres encourageants, une autre donnée révélée lors de la conférence inquiète : la stagnation des progrès. Chaque année dans le monde, deux millions et demi de personnes contractent en effet le VIH (virus responsable du sida), et ce chiffre ne varie guère depuis dix ans. Entre 2005 et 2015, le nombre de personnes contaminées a augmenté en Europe de l’Est, en Asie centrale et, surtout, en Afrique.
Un rapport publié en juillet par Onusida dresse un autre constat inquiétant : non seulement le fléau n’est pas vaincu, mais on assiste à une résurgence du virus. « Dans certains pays, les nouvelles infections sont en augmentation, alerte Michel Sidibé, le directeur exécutif d’Onusida, qui insiste sur la nécessité d’investir dans la prévention en direction « des jeunes femmes, dans les traitements préventifs, les préservatifs, la circoncision, la protection sociale et l’action communautaire ».

Première cause de mortalité chez les 10-19 ans en Afrique

Si la lutte contre le virus semble marquer le pas, il y a plus grave encore. Dans certaines régions, comme en Afrique subsaharienne, « plus de 2 000 jeunes de moins de 24 ans sont infectés chaque jour », dénonce Bill Gates, ancien PDG de Microsoft, qui se dédie aujourd’hui à une fondation humanitaire. La moitié des personnes infectées ne sont même pas diagnostiquées, réduisant ainsi leurs chances de survie et augmentant les risques de contamination.
Les chiffres relevés par l’Unicef sont également alarmants : « Le nombre de décès liés au sida parmi les adolescents âgés de 15 à 19 ans a plus que doublé depuis 2000. Dans le monde en 2015, il y a eu en moyenne 29 nouvelles infections toutes les heures » dans cette catégorie d’âge, dont 65 % touchent des filles. Le cas de l’Afrique, où le sida reste « la première cause de mortalité » chez les jeunes âgés de 10 à 19 ans (deuxième dans le monde), est particulièrement préoccupant.

La France ne montre pas le bon exemple

Tous les participants à la conférence – scientifiques, médecins, militants, personnages publics… – ont exhorté les gouvernements et les organismes internationaux à redoubler d’efforts pour venir à bout de l’épidémie, responsable de plus de 30 millions de morts depuis 1980. La plupart ne semblent pourtant pas en prendre le chemin. A l’exemple de la France, qui, pour Aurélien Beaucamp, le président de l’association Aides, a lancé « un très mauvais signal » en décidant de ne pas augmenter sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida. Les crises sanitaires (virus Zyka, Ebola…), les afflux de réfugiés, les guerres ont pour conséquence une baisse générale des financements, ce qui fait craindre une aggravation du fléau qu’est le sida.

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