Vaccination : une semaine pour encourager la mise à jour de ses vaccins

, par  Delphine Delarue

La huitième édition de la Semaine européenne de la vaccination, qui se déroule du 22 au 26 avril dans près de deux cents pays, a pour objectif d’informer la population sur l’intérêt collectif et individuel de la couverture vaccinale. Dans un contexte de défiance encouragé par la récente affaire du Gardasil, la campagne rappelle l’utilité de la mise à jour de ses vaccins, insistant sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour effectuer un rattrapage.

Mettre à jour ses vaccins, tel est le thème retenu pour la huitième édition de la Semaine européenne de la vaccination, qui se déroule du 22 au 26 avril. Coordonné pour la France par le ministère chargé de la Santé, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) et les agences régionales de santé (ARS), cet événement se traduit par de nombreuses actions locales (expositions, conférences, portes ouvertes, opérations de vaccination) organisées par les établissements de santé, les organismes d’assurance maladie, les mutuelles, les collectivités territoriales, les centres de vaccination et les associations. L’idée ? Tout mettre en œuvre pour « sensibiliser le plus grand nombre aux bienfaits de la vaccination, à l’importance de faire le point sur ses vaccins et de procéder aux mises à jour nécessaires », explique l’INPES dans un communiqué.
Face à la méfiance qu’inspirent traditionnellement les vaccins dans notre pays, la tâche semble plutôt ardue. Selon un récent sondage, le niveau de confiance des Français ne dépasse pas les 71 %, soit une baisse de six points en une année seulement. D’après le Baromètre santé INPES 2010, 19 % des 15-79 ans estiment ne pas être à jour de leurs vaccins et près d’un Français sur cinq ne serait pas correctement protégé contre les maladies infectieuses.

Polémiques

Derrière ces chiffres, on peut voir les conséquences de différentes affaires comme la campagne de vaccination controversée contre le H1N1 en 2009-2010, les récentes plaintes contre Sanofi-Pasteur et GSK pour leurs vaccins contre le cancer du col de l’utérus et de l’hépatite B ou encore la pétition signée fin mars par quatre cents médecins sceptiques à propos du Gardasil. Pour l’INPES cependant, les choses sont claires : « Grâce à la vaccination, certaines maladies comme la variole ou la poliomyélite ont totalement ou quasiment disparu et les épidémies sont plus rares. » Et l’institut de préciser que les vaccins ont le mérite de protéger efficacement la population contre des maladies graves, voire mortelles, comme les infections invasives à méningocoque C, la rougeole, la coqueluche, la rubéole, la varicelle, mais aussi l’hépatite B et le cancer du col de l’utérus (l’Agence française de sécurité du médicament [ANSM] vient d’ailleurs de confirmer la balance bénéfice-risque favorable du Gardasil). Lors d’une visite dans un centre de vaccination du XIIIe arrondissement de Paris, Marisol Touraine a de son côté insisté sur la nécessité de ce « geste citoyen » que constitue la vaccination. Ce n’est pas « un combat du siècle dernier, mais un combat d’aujourd’hui face aux maladies d’aujourd’hui », a-t-elle ajouté. Rappelons qu’en 2008 l’épidémie de rougeole qui a sévi en France était notamment due, selon les autorités sanitaires, à un défaut de vaccination de la population.

Se protéger soi et les autres

L’INPES souligne en outre qu’il n’est jamais trop tard pour se mettre à jour : un rattrapage est toujours possible (sauf pour le papillomavirus ; lire l’encadré ci-dessous) et il n’est pas nécessaire de repartir de zéro. Il suffit de se renseigner auprès de son médecin traitant, qui reprendra la vaccination à l’étape où elle a été interrompue. On peut également se faire vacciner dans les centres de vaccination publics et les centres de protection maternelle et infantile, les centres de médecine du travail et les centres de vaccination pour les voyageurs. La plupart des vaccins mentionnés dans le calendrier vaccinal sont gratuits quand ils sont effectués dans les centres publics. Chez le médecin, ils sont remboursés de 65 à 70 %. Seul le ROR (rougeole, oreillons, rubéole) est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
« Plus qu’un moyen de protection individuelle, la vaccination est aussi un moyen de protection collective, puisque l’augmentation de la couverture vaccinale permet de contrôler, voire d’éradiquer, les pathologies infectieuses et de protéger les personnes non vaccinées, les nourrissons les plus jeunes notamment », conclut l’INPES. C’est le cas pour le vaccin à méningocoque et C et le vaccin contre la coqueluche.

Calendrier vaccinal 2014 : peu de nouveauté En visite le 22 avril dans un centre de vaccination du XIIIe arrondissement de Paris, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a lancé le calendrier vaccinal 2014, qui contient peu d’éléments nouveaux. Le changement le plus important concerne la vaccination contre le papillomavirus humain protégeant notamment du cancer du col de l’utérus. Celle-ci passe à deux doses, au lieu de trois, pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans avec le Cervarix et de 11 à 13 ans avec le Gardasil. A partir de 14-15 ans, les trois doses sont conservées, avec un rattrapage limité à 19 ans révolus. Concernant la coqueluche, dont le rappel se fait à 25 ans, la vaccination est recommandée pour l’entourage des nourrissons à l’occasion d’une nouvelle grossesse (si le dernier rappel date de plus de dix ans). Sont concernés les membres de la famille proche, mais aussi la baby-sitter.

 

Sources
- « Semaine européenne de la vaccination du 22 au 26 avril, une semaine de rappel pour se mettre à jour », dossier de presse, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), ministère chargé de la Santé, avril 2014.
- « Dans une climat de défiance, Marisol Touraine réaffirme la nécessité de la vaccination », Elise Godeau, Lemonde.fr, 23 avril 2014.
- « Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2014 », ministère des Affaires sociales et de la Santé, avril 2014.

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