Se protéger contre l’épidémie de gastro, précoce et virulente

, par  Isabelle Coston

La gastro-entérite fait, cette année, un retour en force trois mois plus tôt que d’habitude. Pour se prémunir contre l’épidémie, qui a déjà atteint le niveau de janvier dernier, certaines précautions doivent être prises.

Alors que l’épidémie de gastro-entérite atteint habituellement son plus haut niveau au mois de janvier, on assiste cette année dès la mi-octobre à une progression du taux d’incidence bien plus forte qu’en 2015, relève l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (Irsan), s’appuyant sur les données fournies par SOS Médecins.

La gastro-entérite a touché 239 545 nouvelles personnes en France métropolitaine au cours de la période allant du mercredi 12 octobre au lundi 17 octobre 2016, soit une incidence hebdomadaire de 361 cas pour 100 000 habitants. « Cette valeur est en augmentation de 15,74 % par rapport à la semaine dernière », constate l’Irsan. Ces chiffres anormalement élevés correspondent d’ores et déjà à ceux du pic que l’on avait observé au mois de janvier 2016. Dès la fin du mois d’août, l’institut avait d’ailleurs noté que l’incidence des gastro-entérites dépassait de près de 20 % les moyennes saisonnières, et cela n’a pas cessé d’augmenter. « Toutes les régions sont en progression, voire en forte progression », confirme l’Irsan.

Consultations en hausse

Les moins de 15 ans semblent les plus touchés : « Depuis la semaine 32 (du 8 au 14 août 2016, NDLR), les consultations pour gastro-entérite et vomissements sont en hausse chez les enfants de moins de 15 ans dans des niveaux supérieurs à ceux des deux années précédentes », observe SOS Médecins dans son bulletin d’information du 10 octobre. La rentrée scolaire pourrait expliquer la recrudescence de la maladie, en raison de la promiscuité des élèves dans les salles de classe. Une hypothèse qui pourra être vérifiée lors des vacances de la Toussaint, si les consultations diminuent.

Penser à s’hydrater

La gastro-entérite, qui entraîne vomissements et diarrhées, est due à une infection du système digestif par des virus ou des bactéries. Généralement, ces symptômes disparaissent en quelques jours, mais font courir un risque de déshydratation au malade, notamment aux plus jeunes. C’est la raison pour laquelle il faut consulter au plus vite quand il s’agit d’un bébé, chez qui une gastro-entérite peut entraîner une déshydratation rapide et sévère. Très contagieuse, cette maladie peut se transmettre directement de personne à personne ou par l’intermédiaire d’eau ou d’aliments contaminés. Les personnes malades devront s’hydrater régulièrement, en buvant de l’eau, des tisanes ou des bouillons. Bien que l’on ait peu d’appétit dans ces moments-là, plusieurs petits repas composés de riz, de pommes de terre, de fruits secs ou d’une banane bien mûre, par exemple, pourront être répartis au cours de la journée.

Une maladie très contagieuse

Se laver souvent les mains est essentiel pour passer au travers de l’épidémie. Encore faut-il le faire scrupuleusement (pendant au moins quinze secondes) et régulièrement : chaque fois que l’on sort des toilettes, avant et après les repas ainsi que pendant leur préparation, après avoir pris les transports en commun, et encore plus fréquemment si l’on a dans son entourage une personne atteinte. Il faut, bien entendu, éviter de porter à la bouche les couverts ou le verre d’autrui. Cette attention constante vous évitera de tomber malade, mais permettra aussi de limiter la propagation.

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