Sclérose en plaques : les femmes de plus en plus concernées

, par  Delphine Delarue

La Journée mondiale de la sclérose en plaques (SEP), qui a eu lieu mercredi 31 mai, est l’occasion de revenir sur cette maladie inflammatoire du système nerveux central qui concerne environ 90 000 personnes en France, parmi lesquelles plus de 50 000 femmes.

Environ trois cas féminins pour un cas masculin. Depuis une petite vingtaine d’années, sans que les spécialistes sachent vraiment pourquoi, la sclérose en plaques (SEP), dont la journée mondiale a eu lieu le 31 mai, touche davantage les femmes. « Il y a encore beaucoup d’hypothèses qui n’ont pas été vérifiées, mais quelque chose a vraiment changé dans l’environnement des femmes, explique le docteur Violetta Zujovic, chercheuse à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) dans une vidéo diffusée sur Internet à l’occasion de cette journée. Cela peut être par exemple lié à l’augmentation de leur consommation de tabac ou encore à des phénomènes épigénétiques. » Chaque année, environ 1 500 à 3 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans la gente féminine, le plus souvent entre 20 et 40 ans. La SEP est d’ailleurs la première cause de handicap sévère d’origine non traumatique chez les trentenaires quel que soit le sexe.

Des symptômes variés

Maladie auto-immune chronique, la sclérose en plaques entraîne une destruction progressive de la gaine de myéline qui entoure les neurones et permet une conduction rapide de l’influx nerveux. Lorsque la myéline est saine, le cerveau peut véhiculer le plus vite possible l’information d’un neurone à l’autre et donner ses injonctions à l’ensemble du corps. Mais lorsqu’elle est atteinte, l’influx nerveux est ralenti et l’information ne circule plus normalement. Différents symptômes apparaissent alors : faiblesse musculaire, engourdissements, troubles visuels, de la marche, de la coordination. A cela s’ajoutent progressivement des troubles émotionnels, urinaires, sexuels, intestinaux, de la concentration, de la mémoire, voire une dépression. Au début de la maladie, les symptômes se manifestent sous forme de poussées puis disparaissent en quelques jours ou semaines. Mais au fil des années, ces poussées peuvent se rapprocher, s’intensifier et les séquelles persistent.

Diagnostic difficile

Les manifestations de la sclérose en plaques, ainsi que son évolution varient considérablement d’une personne à l’autre, d’où la difficulté à poser un diagnostic. Les médecins s’appuient donc sur un ensemble de signes et sur différents examens (IRM, ponction lombaire) pour confirmer les cas suspects. Les traitements proposés permettent quant à eux de limiter la fréquence des poussées et de calmer les symptômes, mais ils ne sont pas encore capables de guérir la maladie. La prise en charge est la même pour les hommes et les femmes, même s’il existe des spécificités chez ces dernières, notamment pendant la grossesse. « Il y a certains médicaments que l’on va arrêter pendant la grossesse, d’autres que l’on pourra peut-être continuer, précise le professeur Catherine Lubetzki, chef d’équipe à l’IMC, dans la vidéo de l’institut. Mais on sait maintenant qu’il n’y a pas de contre-indication à avoir des enfants, que le suivi de la grossesse est normal et qu’il y a même une diminution du risque de poussées à ce moment-là. » Ce risque augmente ensuite légèrement après l’accouchement. Le nombre de fausses couches n’est en outre pas plus élevé que chez les femmes ne souffrant pas de SEP. Enfin, il faut rappeler que la maladie n’est pas héréditaire, même si l’on constate une susceptibilité génétique et que le risque de transmettre la sclérose en plaques à son enfant est légèrement plus important que dans la population générale.

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