Stratégie nationale de santé sexuelle : les vingt-six mesures de la ministre de la Santé

, par  Léa Vandeputte

Agnès Buzyn a dévoilé sa feuille de route pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de santé sexuelle. Prévention, dépistage, contraception… : elle définit ainsi vingt-six mesures « concrètes » à mener sur les trois prochaines années.

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté lundi 9 avril, lors de sa visite du Planning familial de Lille, la Stratégie nationale de santé sexuelle 2018-2020. Celle-ci s’inscrit dans le prolongement du lancement du Plan prévention (lire notre article) et vise à favoriser, « à l’horizon 2030, le développement des politiques publiques en faveur de la santé sexuelle, allant de l’éducation à la sexualité à la santé reproductive, en passant par la prévention et le dépistage des infections sexuellement transmissibles et du VIH », indique le communiqué du ministère. Elle compte vingt-six mesures « concrètes » issues des propositions du comité national de pilotage placé sous la présidence du professeur Patrick Yéni, également président du Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS).

Priorité prévention

Dans sa stratégie, la ministre met l’accent sur l’information. Elle souhaite promouvoir l’éducation à la sexualité et organiser chaque année, en région, des campagnes de dépistage du sida, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles (IST).
De leur côté, les professionnels de santé seront mieux formés à ces questions, « dans une approche interdisciplinaire ». Pour les accompagner, ils auront accès à « des ressources documentaires en matière de santé sexuelle (prévention, vaccination, dépistage des IST) ».

Un accès aux soins plus facile

« Améliorer l’offre générale en santé sexuelle » et, notamment, celle « destinée aux populations et territoires prioritaires » constitue le deuxième axe d’action. Parmi les principales mesures annoncées, Agnès Buzyn veut « garantir sur le territoire l’accès aux différentes méthodes d’interruption volontaire de grossesse (IVG) tout en renforçant la confidentialité de cet acte, étendre les missions des services universitaires de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS) aux consultations de contraception et de prévention des IST, transformer la consultation longue “IST-contraception” mise en place chez le médecin généraliste et le gynécologue pour les jeunes filles entre 15 et 18 ans en une consultation globale “santé sexuelle” au bénéfice de tous les jeunes, filles comme garçons ».

Des projets et plus de recherche

La Stratégie nationale de santé sexuelle prévoit la réalisation de projets « innovants », comme l’expérimentation d’un Pass préservatif. Ce dernier donnera aux jeunes « un accès à titre gratuit à une offre de préservatifs dans le cadre d’un programme d’information et de prévention ». Autre nouveauté, le site Internet La Boussole, qui permet aux jeunes de connaître leurs droits sociaux, sera enrichi d’un « volet santé sexuelle ».
Enfin, la recherche sera valorisée. L’objectif est de la « structurer » et de « maintenir un haut niveau de recherche sur le VIH et les hépatites virales au sein de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) ».

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