Santé : quelles pistes pour le gouvernement ?

, par  Aude Malaret

Annoncée comme une priorité du gouvernement, la santé restait toutefois sans ministère au lendemain du remaniement. Elle s’est également fait remarquer par son absence dans le discours du nouveau Premier ministre, Manuel Valls. Les économies prévues pour les trois prochaines années vont pourtant largement toucher le secteur, et l’Assurance maladie devra contribuer à l’effort à hauteur de 10 millions d’euros. Si les pistes d’action ne sont pas encore connues, le Conseil d’analyse économique (CAE) a adressé ses recommandations au gouvernement.

La santé, une priorité du gouvernement ? Dans son allocution télévisée, au lendemain de la défaite de la gauche au second tour des municipales, François Hollande l’affirmait : le président de la République annonçait un « pacte de solidarité », dont le second pilier, après l’éducation et la formation de la jeunesse, « est la Sécurité sociale, avec la priorité donnée à la santé ». Mais depuis, la santé est absente des déclarations du gouvernement. Un sujet passé sous silence par le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, lors de son discours de politique générale, prononcé devant l’Assemblée nationale le 8 avril dernier. Et ce n’est pas le remaniement effectué une semaine plus tôt qui laisse penser le contraire. A l’annonce des nominations, une question restait en suspens : qui est le ministre de la Santé ? Marisol Touraine, qui occupait ce poste dans le précédent gouvernement, était en effet désignée ministre des Affaires sociales. Un oubli réparé le 9 avril à l’occasion de l’annonce de la liste des secrétaires d’Etat, puisqu’elle passe de ministre des Affaires sociales à ministre de la Santé et des Affaires sociales.
Voilà donc la santé à nouveau pourvue d’un ministre. Et dans les faits, que va-t-il se passer ? Marisol Touraine poursuivra-t-elle les dossiers déjà lancés (stratégie nationale de santé, hôpital, lois sur l’autonomie et sur la famille) ? Une chose est sûre, les dépenses publiques devront être réduites, et c’est le Premier ministre qui l’a annoncé. Pour arriver à 50 milliards d’euros d’économies d’ici à la fin du quinquennat, l’Assurance maladie devra économiser 10 milliards d’euros sur trois ans. Interrogé par BFM TV au lendemain de son discours, Manuel Valls envisage de « travailler sur la question de la chirurgie ambulatoire, [de] restructurer l’offre de soins hospitalier ». Et il poursuit : « On peut trouver des pistes sur la gestion des caisses de Sécurité sociale, mais je ne veux pas entrer dans ce détail. »

Des propositions pour refonder l’Assurance maladie

Si la ligne du gouvernement reste floue pour l’instant, des pistes d’action ont été publiées en avril par le Conseil d’analyse économique (CAE), dans une note intitulée « Refonder l’Assurance maladie ». Objectif : mieux maîtriser les dépenses en matière de santé, ce qui passe par la recherche du bon équilibre entre participation et couverture des besoins. Le CAE rappelle en effet que si « tout système d’assurance doit à la fois limiter les risques supportés par l’assuré et le responsabiliser par sa participation au contrôle des dépenses, les performances du système d’assurance maladie sont insuffisantes quant à ces deux objectifs ». Et il ajoute : « Les complémentaires couvrent les tickets modérateurs et beaucoup d’entre elles couvrent les dépassements d’honoraires, contribuant à alimenter l’augmentation de la dépense et des prix des soins. » Sans oublier que les frais de gestion sont très couteux, puisque la Sécurité sociale et les organismes complémentaires traitent deux fois les mêmes feuilles de soins.

Mieux piloter les dépenses de santé

Comme le CAE, la Mutualité française reconnaît « le besoin d’un meilleur pilotage des dépenses de santé » et pointe du doigt les dépassements d’honoraires. Dans un communiqué, Etienne Caniard, président de la Mutualité française, s’étonne toutefois « de plusieurs préconisations qui pourraient aggraver certains déséquilibres actuels du système de santé ». Il estime, par exemple, que « couvrir à 100 % les soins hospitaliers » risque de « générer un appel d’air vers les hôpitaux, coûteux et contraire à une bonne prise en charge des patients », alors même que l’ensemble des observateurs du système de santé s’accordent à dire que la France se caractérise par un taux d’hospitalisation beaucoup plus important que celui qui existe au sein de pays comparables (30% d’hospitalisations en plus par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE). Pour lui, l’offre de premier recours doit être développée en créant de véritables parcours de soins, conformément aux objectifs définis par la Stratégie nationale de santé. Enfin, souhaiter une concurrence accrue entre des complémentaires offrant des contrats au contenu administré offrirait peu d’intérêt, notamment parce que cela ne contribuerait ni à l’organisation du parcours de soins des patients ni à la régulation de l’offre. Etienne Caniard appelle donc à « des propositions novatrices des pouvoirs publics sur la base d’un débat associant l’ensemble des acteurs ».

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