Santé : ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron

, par  Constance Perin

Lors de la présentation de ses vœux aux acteurs de la santé, le président de la République a annoncé toute une série de mesures. Sortie de la tarification à l’activité, augmentation du nombre d’assistants médicaux, réorganisation du travail à l’hôpital… on fait le point.

Entre la grève des médecins et un hôpital en crise, sa parole était plus qu’attendue. Le 6 janvier, à l’hôpital de Corbeil-Essonnes à Évry, le président Emmanuel Macron, venu présenter ses vœux aux acteurs de la santé à l’hôpital, a profité de ce déplacement pour exposer les perspectives de refonte de notre système de santé. Ces changements visent à répondre à deux objectifs : redonner aux soignants du sens dans leur métier et permettre aux Français d’avoir accès aux soins.
Pour le chef de l’État, la crise du secteur n’est pas qu’une crise de moyens. Si en trois ans, le budget de la santé a augmenté de 50 milliards d’euros, ce rattrapage « nécessaire » certifie-t-il ne suffit pas. La crise est selon lui multifactorielle, et mérite donc d’agir sur différents plans.

Libérer du temps médical en recrutant des assistants médicaux

Le président a été clair : le changement ne se fera pas en un jour – il faut en effet plus de 10 ans pour former un médecin. Mais pour répondre dès maintenant à la pénurie de soignants et leur permettre «  de se concentrer sur le cœur de leur métier  », Emmanuel Macron, qui reconnaît que les procédures se sont alourdies, promet de recruter des assistants médicaux, pour les porter de 4 000 aujourd’hui à 10 000 d’ici la fin 2024.
Il s’est également engagé à ouvrir plus de places au concours d’infirmier et à lancer un chantier sur la rémunération du travail de nuit et de la permanence.

Réorganiser l’hôpital

Le président souhaite également remettre l’hôpital «  à l’échelle humaine  ». Pour ce faire, il entend mener une réorganisation du travail de l’hôpital d’ici au 1er juin, en plaçant à sa tête un « tandem administratif médical ».
Il prévoit également de revoir son financement et la tarification à l’activité, source selon lui de « dysfonctionnement  ». « Les besoins de santé évoluent et personne ne peut plus supporter que des établissements se fassent une concurrence nuisible », assure-t-il. Ce changement, qui concernera les établissements publics et privés, mais aussi la rémunération de la coopération entre la ville et l’hôpital, sera mis en place dès le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Rendre le secteur plus attractif

Emmanuel Macron s’est aussi exprimé sur le manque d’attractivité du secteur, rappelant qu’aujourd’hui, presque la moitié des médecins ont plus de 60 ans. Il entend ainsi agir sur l’évolution des carrières et prévoit de mieux rémunérer les médecins qui participent à une offre de soins sur le territoire. Le rôle du médecin généraliste devrait également être revalorisé. Pour rappel, 6 millions de Français n’ont pas de médecin référent. Parmi eux, on compte 600 000 patients atteints de maladies chroniques qui se verront proposer un médecin traitant d’ici la fin de l’année. Pour le président, actuellement, « la nation ne remplit pas son devoir, ça n’est pas juste et ça n’est pas efficace ».

Élargir les compétences

En parallèle, le chef de l’État souhaite faire évoluer les compétences des autres professionnels de santé pour «  renforcer notre capacité à soigner  » et notamment étendre les missions des infirmiers et des pharmaciens. Il affiche ainsi la volonté de créer du lien entre les paramédicaux et les médicaux.
« Nous devons fortement décloisonner, simplifier, mieux organiser, valoriser, reconquérir nos territoires  », a-t-il résumé invitant chacun à prendre davantage part au changement pour bâtir ensemble « l’hôpital et le système de santé que notre pays mérite et dont notre nation a profondément envie ».
Dans ce contexte, Emmanuel Macron n’a pas manqué de remercier les soignants, leur certifiant notamment qu’après le Covid-19 et une série d’épidémies, ils représentaient « par leur effort l’estime de la nation ».

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