Sage-femme : un métier aux multiples compétences

, par  Delphine Delarue

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé vient de lancer une vaste campagne d’information destinée à présenter toute l’étendue des missions assurées par les sages-femmes. Organisée avec les syndicats et le Conseil national de l’ordre des sages-femmes, cette campagne est l’aboutissement d’un processus débuté en 2012 par Marisol Touraine pour renforcer la place et le rôle de la profession dans le système de santé.

Mieux faire connaître la diversité des compétences des sages-femmes, tel est l’objectif de la campagne lancée le 22 juin par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Au total, 24 000 affiches et 483 000 dépliants présentant les missions de ces professionnelles de santé seront diffusés dans les plannings familiaux, les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF), les maternités, les centres périnataux de proximité et les centres de protection maternelle et infantile (PMI). Sur Internet (réseaux sociaux et principaux médias généralistes et féminins), des bannières renverront vers un grand dossier dédié, hébergé sur le site du ministère des Affaires sociales et de la Santé, avec infographie, vidéo micro-trottoir, témoignages de patientes et de sages-femmes.
Encore aujourd’hui, pour beaucoup de femmes, l’intervention de ces professionnelles « se limite souvent au suivi de la grossesse et à la pratique de l’accouchement. Pourtant, les sages-femmes font beaucoup plus que cela », précise le cabinet de la ministre dans un communiqué.

Contraception, information, prévention des IST

Après cinq ans d’études, elles assurent par exemple le suivi de la femme en bonne santé, procèdent à des dépistages (frottis du col, examen des seins…), informent les couples sur les comportements à risque qui peuvent nuire à leur santé ou à celle de leur enfant, prescrivent tous les types de contraception et peuvent également prendre en charge les addictions (alcool, tabac, cannabis, etc.), en lien avec les spécialistes. Les sages-femmes – que l’on ne consulte pas seulement à la maternité et en maison de naissance, mais aussi en cabinet libéral, en maison de santé, au sein des CPEF ou des services de PMI – ont en outre un rôle d’information auprès des jeunes filles en matière d’éducation sexuelle, de contraception ou encore de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST).
La campagne vise aussi à présenter leurs nouvelles missions, précisées par décret le 5 juin. Elles ont désormais la possibilité de vacciner l’entourage de la femme enceinte et du nouveau-né, ainsi que celle de prescrire des IVG médicamenteuses, assorties si nécessaire d’arrêts de travail allant jusqu’à quatre jours renouvelables une fois. Une dernière mesure largement critiquée par les gynécologues et notamment par le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof), pour qui « tout arrêt de travail relève d’une situation pathologique et [...] toute situation pathologique relève d’une prise en charge médicale par un médecin ».

« Choisir le jour de la prise de ses médicaments »

Toujours selon le Syngof, ces arrêts ne seraient en outre pas forcément nécessaires, dans la mesure où les IVG médicamenteuses, qui se pratiquent en tout début de grossesse (avant sept semaines d’aménorrhée), ont justement pour vocation de « minimiser le risque traumatique et les complications post-IVG pour la femme » et de permettre à celle-ci « de choisir le jour de la prise de ses médicaments en fonction de ses contraintes personnelles et professionnelles ». Des arguments inaudibles pour les femmes ayant eu à subir ce type d’intervention, mais aussi pour la ministre, qui réaffirme par cette campagne sa volonté de marquer « l’aboutissement d’un long processus visant à renforcer la place et le rôle des sages-femmes dans notre système de santé ». Un processus débuté en 2012, qui a notamment permis la création d’un statut médical de sage-femme des hôpitaux, une revalorisation salariale, une formation renforcée et l’attribution de nouvelles responsabilités dans l’organisation des hôpitaux. Autant de mesures prises en direction « des Français qui attendent que les pratiques médicales évoluent pour améliorer leur prise en charge » et « leur accès aux soins », a précisé la ministre.


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