Changer de regard sur le psoriasis

, par  Delphine Delarue

L’association France Psoriasis vient de lancer une campagne de sensibilisation destinée à combattre les préjugés dont sont victimes les personnes atteintes par cette maladie inflammatoire de la peau.

Contrairement à une idée encore trop largement répandue, le psoriasis, dont la Xe Journée mondiale s’est déroulée lundi 28 octobre, n’est ni une maladie contagieuse ni la conséquence d’un défaut d’hygiène. Elle n’est pas non plus liée à une faiblesse psychologique. Pour lutter contre ces préjugés, très handicapants pour les malades, l’association France Psoriasis vient de lancer une grande campagne nationale d’information et de sensibilisation. Baptisée « Changer le regard des autres », celle-ci s’appuie sur la mobilisation des vingt délégations locales et régionales de l’association. Une initiative devenue aujourd’hui incontournable, au regard des souffrances vécues par les 2,5 millions de personnes atteintes de psoriasis en France.

 

Solitude et isolement

En plus du fait que l’on ne guérit pas de cette maladie inflammatoire de la peau, les idées reçues qu’elle véhicule condamnent les malades à la solitude et à l’isolement. « On évite les personnes atteintes de psoriasis, on les écarte du monde du travail, tandis que l’intimité, la tendresse, la vie sexuelle deviennent des graals difficiles, voire impossibles à atteindre », explique Roberte Aude, présidente de France Psoriasis. Selon un sondage Opinion Way réalisé pour l’association, 42 % des personnes interrogées éviteraient le contact physique lors d’une première rencontre avec un malade, notamment par crainte de la contagion. Pourtant, plus de neuf Français sur dix prétendent avoir conscience des discriminations subies au quotidien par les malades et huit sur dix savent qu’il s’agit d’une maladie inflammatoire. Malgré cela, 18 % de la population l’associe encore à un manque d’hygiène ou à un problème psychologique dû par exemple au stress ou à l’anxiété. Or, c’est complètement faux.

Renouvellement accéléré de l’épiderme

« Non contagieux, le psoriasis est sous-tendu par une composante génétique et immunologique qui, sous l’influence de facteurs environnementaux, contribue à l’apparition de la maladie, explique le docteur Sandra Ly, dermatologue à l’hôpital du Haut-Lévêque à Pessac. Le phénomène initial est une réaction inflammatoire dermique qui provoque notamment le renouvellement accéléré et anormal des kératinocytes, les cellules constituant l’épiderme. » Ainsi, alors que le renouvellement épidermique prend normalement vingt-huit jours, il se fera entre cinq et sept jours chez une personne atteinte de psoriasis. Un phénomène qui provoque des poussées de plaques rouges recouvertes de squames, le plus souvent localisées sur les coudes, les genoux ou le cuir chevelu. Les études actuelles ont démontré que le psoriasis était également associé à un risque cardiovasculaire aggravé.
Si cette maladie ne se guérit pas, il existe différents traitements pour en limiter les poussées et soulager le patient de ses démangeaisons (dermocorticoïdes associés à la vitamine D, photothérapie, rétinoïdes dérivés de la vitamine A, méthotrexate, ciclosporine, cure thermale annuelle…).

Source
- « Xe Journée mondiale du psoriasis », dossier de presse, France Psoriasis, octobre 2013.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS