Quand la presbytie s’installe

, par  Aliisa Waltari

Des difficultés à lire le journal, une vision de près qui devient floue, des maux de tête inexpliqués… La presbytie concerne plus de 20 millions de personnes en France et touche chaque année 700 000 nouveaux sujets. S’il est inéluctable, ce trouble visuel lié au vieillissement de l’œil se corrige en revanche très bien par le port de lunettes ou de lentilles adaptées, prescrites par l’ophtalmologiste.

« Les symptômes de la presbytie apparaissent généralement autour de 40-45 ans, explique le professeur Gilles Renard, directeur scientifique de la Société française d’ophtalmologie (SFO). Progressivement, la lecture des petits caractères se révèle plus compliquée, on plisse les yeux, on se rapproche de la lumière et on éloigne le texte pour mieux voir. La vision devient floue de près, alors que de loin elle reste intacte. » Inévitable, ce phénomène est dû au vieillissement naturel du mécanisme visuel. Avec l’âge, les fibres élastiques (zonule de Zinn) qui relient le muscle ciliaire (le muscle de l’œil) au cristallin s’affaiblissent et l’œil perd progressivement son pouvoir accommodatif. Le cristallin, qui assure la mise au point, ne peut plus se bomber suffisamment pour focaliser correctement sur les objets proches. « Personne n’échappe à la presbytie et il n’y a aucun moyen de la prévenir, ajoute le professeur Renard. Elle évolue naturellement jusqu’à environ 60-65 ans puis se stabilise définitivement. »

Inutile d’attendre pour consulter

Dès que les symptômes apparaissent, mieux vaut consulter le plus tôt possible. « Si l’ophtalmologiste ne peut rien faire pour éviter le vieillissement des fibres élastiques, il saura en revanche proposer rapidement la correction visuelle la mieux adaptée à une vision confortable », précise le professeur Renard. A la quarantaine, la survenue de la presbytie est aussi l’occasion de faire un examen complet, notamment pour les personnes dont la vue n’a jamais été corrigée. Les spécialistes recommandent d’ailleurs un contrôle ophtalmologique tous les deux ans à partir de 45 ans (c’est aussi à cette période qu’apparaissent le glaucome ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge [DMLA]).
En matière de correction visuelle, plusieurs solutions sont possibles pour les presbytes. Ils peuvent décider de porter des lunettes uniquement pour voir de près ou alors des verres multifocaux (à plusieurs foyers). Ces derniers sont adaptés aux conséquences du vieillissement du cristallin et permettent en même temps de rectifier les autres amétropies : myopie, hypermétropie et astigmatisme.

A chacun ses lunettes

Parmi ces verres, on trouve les bifocaux, avec une petite loupe intégrée en bas pour bien voir de près, notamment pour lire. Les presbytes plus âgés préféreront éventuellement des trifocaux, constitués d’une loupe pour voir de près et d’une autre pour la vision intermédiaire. Dans la très grande majorité des cas, les presbytes se tournent vers des verres progressifs, c’est-à-dire des verres qui ont une multitude de foyers et dont la puissance progresse au fur et à mesure que l’œil se dirige vers le bas. Le choix peut aussi se porter sur des lentilles progressives ou multifocales, qui fonctionnent selon le même principe que les verres des lunettes.
Enfin, sachez que les lunettes de vue (verres et monture) sont prises en charge par l’Assurance maladie uniquement sur prescription médicale. Elles sont remboursées à 60 % sur la base de tarifs officiels (la base de remboursement, ou BR, variables selon l’âge de l’assuré). Cependant, ceux-ci étant particulièrement faibles, s’équiper devient de plus en plus difficile sans complémentaire santé.

DOSSIERS

Voyage au cœur des poumons

Jamais la respiration, cette fonction si naturelle, n’avait fait autant parler d’elle en ces temps de masques et de Covid-19. Avec ce virus qui les affecte directement, nos organes respiratoires sont mis sur le devant de la scène médicale. Profitons-en pour explorer nos si précieux poumons.
Les (...)

Maladie chronique : comment « gérer » les douleurs ?

Être atteint d’une maladie chronique est déjà une lourde épreuve. Malheureusement, aux complications et aux difficultés quotidiennes engendrées par la maladie s’ajoutent très souvent des douleurs. Ces dernières, qui évoluent au fil des années en même temps que la pathologie, peuvent devenir de plus en (...)

Le foie, l’allié de notre santé

Alors qu’on le considère moins que le cœur ou les poumons, le foie, véritable dépollueur de notre organisme, est impliqué dans plus de 300 fonctions essentielles à notre vie.

Epigénétique : comment l’environnement influence nos gènes

Selon des études récentes, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, notre activité physique ou l’exposition au stress auraient un impact direct sur le fonctionnement de nos cellules. En laissant des traces sur notre ADN, notre environnement pourrait favoriser le développement de maladies. (...)