Protection de l’enfance : les premières pistes du gouvernement

, par  Léa Vandeputte

Quelques jours après la nomination d’un secrétariat d’Etat chargé de la protection de l’enfance, une feuille de route pour les six prochains mois a été dévoilée. Elle a pour objectif de renforcer l’accompagnement des jeunes de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le tout nouveau secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, Adrien Taquet, ont présenté, lundi 28 janvier, les grandes lignes de la future stratégie nationale de protection de l’enfance. Celle-ci sera élaborée d’ici à cet été après une phase de concertation avec les différents acteurs du secteur.

Trois axes de réflexion

La première piste de travail consiste à « renforcer la prévention ». « Les actions doivent être effectives dès la venue au monde de l’enfant et se poursuivre dans les premiers mois de vie », estime le gouvernement qui propose que le suivi par la protection maternelle infantile (PMI) soit consolidé. Le second point a trait à la lutte « contre tous les types de violence ». Pour cela, il faut sensibiliser les citoyens et les encourager à signaler ce type de problème. Une campagne de communication autour du numéro d’urgence 119* sera notamment mise en place. « L’interdiction des violences éducatives ordinaires, comme la fessée, fait également partie de l’arsenal de lutte contre les violences », ajoute le gouvernement. Enfin, le dernier axe a pour but de « faire respecter les droits fondamentaux des enfants ». Parmi les mesures annoncées figurent la prise en charge à 100 % des soins psychologiques et de santé des enfants de l’ASE ainsi que la mise en œuvre d’un soutien scolaire adapté pour que les jeunes « aux parcours scolaires chaotiques » puissent faire des études supérieures.

A l’origine de ces décisions : un reportage

La création du secrétariat d’Etat à la protection de l’enfance est intervenue juste après la diffusion, le mercredi 16 janvier sur France 3, d’un reportage de l’émission « Complément d’enquête » intitulé Enfants placés : les sacrifiés de la République. Il montrait de nombreux dysfonctionnements : éducateurs dépassés, enfants en détresse, maltraitance, agressions sexuelles… Il donnait aussi la parole à des anciens de l’ASE, devenus adultes, qui dépeignaient une situation problématique. Face au choc et à l’émotion suscités par cette enquête, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, le vendredi 25 janvier, la nomination du député La République en marche (LRM), Adrien Taquet, comme secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance. Ce dernier a pour lourde tâche d’améliorer la prise en charge. Un défi de taille quand on sait que plus de 300 000 enfants bénéficient de mesures de protection de l’ASE.

* Appel gratuit et confidentiel, numéro disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Pour en savoir plus : Allo119.gouv.fr.

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