Prospectus dans les boîtes aux lettres : halte au gaspillage de papier

, par  Isabelle Coston

La fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement, France Nature Environnement, appelle le gouvernement à se saisir du problème des publicités distribuées en masse dans les boîtes aux lettres. Elle dénonce un « gaspillage indécent ».

Alors que la loi anti-gaspillage est en discussion à l’Assemblée jusqu’au 20 décembre, l’association de défense de la nature France nature environnement (FNE) demande aux parlementaires, dans un communiqué, de réfléchir à la meilleure façon de mettre fin aux innombrables publicités et autres flyers déposés dans les boîtes aux lettres des Français.
D’après la FNE, chaque année en France, près de 18 milliards de publicités non sollicitées, soit 800 000 tonnes de papier, se retrouvent dans les boîtes aux lettres. Et la période des fêtes est particulièrement propice à la gabegie, constate la FNE.

30 kg de publicités par foyer, par an

La fédération illustre, notamment, ce gâchis par un chiffre étonnant : chaque foyer recevrait chaque année pas moins de 30 kg de publicités. Or, « la fabrication, la distribution et le traitement de ces prospectus représentent un coût considérable pour l’environnement mais aussi pour les citoyens qui [les] financent à leur insu », s’inquiète la FNE, qui précise : « Fabrication, distribution, ramassage, traitement des déchets, recyclage, abandon en pleine nature… leur impact carbone peut être estimé à environ 800 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de 600 000 voitures neuves qui parcourraient 13 300 km dans l’année. »

Produits à usage unique

La plupart de ces publicités n’étant pas souhaitées par leurs destinataires, elles ne sont le plus souvent pas lues et sont jetées aussitôt reçues. Elles viennent par conséquent s’ajouter aux monceaux de déchets qui polluent l’environnement. « Imprimés pour rien, ils (ces prospectus, ndlr) finissent ensuite au recyclage dans le meilleur des cas – un recyclage qui reste polluant et partiel à cause des encres et glaçages, notamment. Sinon, c’est l’incinération, l’enfouissement, la dispersion dans la nature... Ils représentent ainsi un coût considérable tant pour l’environnement que pour les finances des collectivités. Alors que la tendance est indéniablement à l’éradication de tous les produits à très courte durée de vie, comment expliquer que ce gâchis soit encore toléré ? », s’indigne la FNE. Elle dénonce un véritable scandale, d’autant plus que ce sont les citoyens qui financent malgré eux la réalisation de ces publicités « sauvages ». Trois milliards d’euros seraient en effet dépensés chaque année par les publicitaires pour ces prospectus, et cette somme serait finalement payée par les consommateurs au travers de leurs achats, ce qui représenterait un coût de 200 euros pour une famille de quatre personnes, selon la FNE.

Inverser la tendance

La balle est maintenant dans le camp des parlementaires, à qui la FNE demande d’inverser la tendance, en inscrivant dans le projet de loi anti-gaspi que les messages commerciaux en tout genre ne doivent être déposés que dans les boîtes aux lettres des Français désireux d’en recevoir. Elle propose pour cela de remplacer l’affichage « Stop pub » qu’elle avait elle-même imaginé par « Publicité acceptée ». Ce fameux autocollant « Stop pub » semble bien avoir fait son temps. « Pas toujours respecté par les distributeurs, parfois arraché, abimé avec le temps, difficile à obtenir ou même refusé par certaines copropriétés pour manque d’esthétisme, le dispositif a malheureusement montré ses limites », observe la FNE, qui poursuit : « Ce n’est pas à ceux qui ne souhaitent pas recevoir de publicité de faire un effort, mais bien à ceux qui souhaitent la recevoir, de le signaler. La logique de réduction des déchets, de préservation des ressources et l’urgence environnementale l’imposent : le geste par défaut doit être le geste vertueux. »

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