Produits ménagers : chasser les substances indésirables

, par  Isabelle Coston

Les ventes de produits d’entretien se sont envolées avec la Covid-19. Mais la chasse au virus ne doit pas pour autant faire négliger la composition de certains produits ménagers, parfois problématique pour la santé des consommateurs et pour l’environnement.

Dans un communiqué publié mardi 8 décembre 2020, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir alerte sur les substances toxiques trouvées dans 244 produits ménagers d’usage courant et dénonce dans le même temps « un cadre réglementaire extrêmement laxiste en termes d’éradication des substances indésirables et d’information ».
Malgré les nombreuses alertes de la part des médecins et des associations, la bataille contre les substances indésirables nuisibles pour notre santé et pour l’environnement n’est pas gagnée. Allergènes, cancérigènes ou perturbateurs endocriniens sont encore bien trop présents dans les produits qui servent tous les jours à nettoyer nos intérieurs. L’UFC-Que Choisir prévient : « Tous les produits d’entretien, y compris les plus anodins, peuvent exposer quotidiennement à des molécules toxiques, et ce même en respectant les précautions d’usage édictées par le fabricant… »
« Pour faire toute la lumière sur ce rayon, poursuit l’association, les experts de l’UFC-Que Choisir ont étudié la composition de 244 produits ménagers (lessives, adoucissants, nettoyants vitres, meubles, cuisine et WC…), au regard des risques pour la santé humaine et l’environnement. Les résultats sont effarants : à rebours des promesses d’innocuité souvent affichées sur les emballages, près d’un produit décrypté sur deux (44 %) regorge de composés dangereux. »

En matière de toxicité, la palme revient à…

Certains se distinguent particulièrement pour leur nocivité. Il s’agit, notamment, des détergents multiusages et des lessives liquides, bourrées de parfums et de conservateurs allergisants. Mais la palme est décernée aux adoucissants « qui exposent notre peau tout au long de la journée à un cocktail de substances toxiques, » souligne L’UFC-Que Choisir, ainsi qu’aux blocs WC « qui non seulement contribuent à l’émission de polluants dans l’air, mais sont également particulièrement nocifs pour l’environnement du fait de leurs rejets répétitifs dans les eaux usées ».

Droit à l’information

Comme c’est aujourd’hui le cas pour les produits alimentaires, les associations réclament donc une meilleure information du consommateur concernant les produits d’entretien, car « l’absence d’une liste exhaustive de tous les ingrédients sur les emballages rend particulièrement complexe cette chasse aux substances indésirables », constate l’UFC-Que Choisir. Elle conseille de ne pas se fier aux allégations trompeuses figurant sur les emballages, du type « sensitive », « écologique » ou « biodégradable à 98 % », ni de se laisser influencer par les visuels montrant un bébé ou une prairie en fleurs. Les produits les plus sûrs sont ceux portant un écolabel officiel européen, « identifiable à sa petite fleur verte, qui limite les substances nocives pour la santé et garantit un faible impact environnemental », indique-t-elle.
Enfin, l’UFC-Que Choisir recommande également aux consommateurs d’agir pour peser sur les choix des fabricants, mais aussi des politiques. Afin de préserver l’environnement et la santé des citoyens, les pouvoirs publics devraient en effet :
-  interdire purement et simplement toutes les formulations comprenant des composés cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction et les perturbateurs endocriniens,
-  faire figurer sur les emballages la liste de tous les ingrédients présents dans la formule, comme c’est le cas actuellement pour les produits cosmétiques.

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