Prix des médicaments : les associations de patients entrent dans le débat

, par  Léa Vandeputte

La campagne choc de Médecins du monde pour dénoncer le prix trop élevé de certains traitements avait déjà fait réagir l’industrie du médicament. Lundi 20 juin, le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) a, lui, appelé à la mise en place d’un nouveau mécanisme de fixation du prix des médicaments innovants.

Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) a dénoncé, lundi 20 juin, dans un communiqué « les marges exorbitantes » réalisées par les laboratoires pharmaceutiques avec les médicaments innovants et réclamé un nouveau mécanisme de fixation des tarifs pour mettre fin à « l’envolée » des prix. Cette prise de position fait suite à la campagne coup de poing pour « dénoncer le prix révoltant des médicaments et alerter sur le risque qu’il fait porter sur notre système de santé » dévoilée par Médecins du monde le 13 juin dernier. Composée de douze affiches cyniques axées sur la rentabilité des maladies pour les laboratoires, celle-ci avait été vertement critiquée par Les Entreprises du médicament (Leem), qui dénonçaient des propos « caricaturaux et outranciers » (lire notre article du 17 juin 2016).

Plus de transparence

Avec cette intervention dans le débat, le Ciss, qui regroupe quarante-quatre associations agissant dans le champ de la santé, n’a pas pour objectif « de jeter l’opprobre sur l’industrie du médicament, mais plutôt de comprendre les ressorts, trop souvent opaques, de l’envolée des prix des traitements innovants qui semble ne plus connaître de limites ». Le collectif rappelle également que le prix ne doit pas « peser sur le reste à charge des personnes malades », ni « conduire à discriminer » les malades susceptibles d’accéder à ces traitements.

Prendre en compte le coût réel

Pour faire baisser les prix, le Ciss met en avant deux propositions. La première consiste à instaurer « un nouveau mécanisme de fixation des prix des médicaments innovants, non plus basé sur leur seule valeur thérapeutique, mais incluant également le critère de coût (recherche, développement, production, commercialisation, suivi en vie réelle…) aujourd’hui non prise en compte ». Le collectif poursuit : « Il n’est en effet pas acceptable que les laboratoires obtiennent des prix et des marges exorbitants pour leurs molécules innovantes, et ce sans rapport avec les coûts réels qu’ils supportent ».

Mieux utiliser les traitements

La seconde proposition du Ciss concerne l’amélioration de la « pertinence des soins, et en particulier de la prescription médicamenteuse ». Pour limiter le déséquilibre des comptes sociaux, il convient ainsi d’agir sur « la sur-médicalisation, les prescriptions systématiques des molécules les plus récentes et les plus onéreuses, les soins redondants à l’hôpital comme en ville, les soins inappropriés. Et ce d’autant plus que ces mésusages, excès et non pertinences peuvent avoir des conséquences graves sur la santé et coûteuses pour la collectivité ». Des soins plus adaptés permettraient ainsi de « libérer des financements nécessaires au développement et à l’accès à l’innovation thérapeutique », assure le collectif, qui souhaite que cette problématique soit au cœur de la campagne présidentielle.

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