Prévention : un sujet qui intéresse les Français, mais qu’ils négligent dans la pratique

, par  Isabelle Coston

D’après un récent sondage, les Français sont conscients de la nécessité de la prévention pour rester en bonne santé. Ils sont cependant peu nombreux à adopter les bons comportements et considèrent ne pas être suffisamment informés.

Le ministère des Solidarités et de la Santé a encore du pain sur la planche en matière de prévention. Selon les résultats, publiés le 15 mai, de l’étude Odoxa « Regards croisés des Français et des Européens sur la prévention », réalisée pour la Fondation d’entreprise Ramsay générale de santé, bien qu’ils y soient sensibilisés, les Français aimeraient néanmoins être davantage informés sur les bons comportements à adopter pour préserver leur santé.
L’étude révèle en effet qu’ils sont sensibilisés à la question de la prévention : 81 % affirment être « attentifs ». Parmi eux, 28 % se déclarent même « très attentifs ». Avec les Britanniques (28 %), ce sont les plus intéressés par la prévention en Europe, nettement devant l’Italie (24 %) et l’Espagne (20 %).

Un tiers des Français ne tiennent pas compte des conseils de prévention

Mais « attentifs » ne veut pas forcément dire « assidus », car si l’on regarde les chiffres de plus près, lorsqu’il s’agit de passer aux actes, les Français reculent dans le classement. « S’intéresser à la question, et même disposer d’un minimum d’informations sur le sujet ne suffit pas toujours à mettre en pratique les bons comportements en matière de prévention », commentent les auteurs du sondage. Lorsqu’on leur demande s’ils appliquent les bons comportements pour rester en bonne santé, ils ne sont plus que 70 % à répondre oui, se plaçant alors derrière la plupart des autres pays. 77 % des Européens sondés disent adopter les bonnes pratiques, et 12 % le feraient « systématiquement », contre 6 % pour les Français. Quant aux Britanniques, ils restent en tête du classement, avec 84 % des personnes interrogées qui déclarent suivre les principes de prévention.
Mais, s’ils sont mauvais élèves, ce n’est pas leur faute, les Français invoquent en raison principale le manque de moyens financiers (32 %), qui vient bien avant le manque de motivation (24 %) ou le manque de temps (23 %). « Ce positionnement des Français rejoint celui des autres peuples latins (Italiens et Espagnols), alors que les Anglo-Saxons (Royaume-Uni et Canada) se sentent plus responsables de leur santé et mettent en avant le manque de motivation devant le manque de moyens financiers (25 % contre 23 % pour les Britanniques et 29 % contre 24 % pour les Canadiens) », observent les auteurs de l’étude.

Des efforts à faire en matière de communication

Pour les aider à avoir une conduite plus vertueuse, 85 % des Français sondés aimeraient pouvoir compter sur les médecins et les pharmaciens ou sur des personnes de leur entourage leur montrant l’exemple (76 %). « Ils attendent également de l’Etat qu’il informe davantage le public par le biais de campagnes d’information plus nombreuses et mieux réalisées (74 %) », précisent les auteurs du rapport. La pilule est dure à avaler pour les politiques, qui prennent pourtant le sujet à bras-le-corps. Le gouvernement a d’ailleurs lancé, le 26 mars dernier, les vingt-cinq mesures phares qui articulent le plan « Priorité prévention ». Ce dernier met la prévention au cœur de la stratégie du ministère des Solidarités et de la Santé.

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