Premiers secours : bien réagir pour sauver des vies

, par  Léa Vandeputte

Chaque année, moins de 7 % des Français effectuent une formation aux premiers secours. Pourtant, 10 000 vies par an pourraient être épargnées si une personne sur cinq connaissait les gestes d’urgence. Même si rien ne remplace un véritable apprentissage pratique, tour d’horizon des gestes qui sauvent.

A la maison, au travail ou sur la route, chacun peut être confronté à une situation d’urgence, mais peu nombreux sont ceux qui savent pratiquer les gestes de premiers secours. La personne présente sur les lieux d’un accident doit correctement apprécier la situation et préparer l’arrivée des secours. Ce rôle, qui peut être difficile à tenir, nécessite quelques connaissances de base.

Se protéger du sur-accident

Le premier réflexe à avoir lorsque l’on arrive sur le lieu d’un accident est d’évaluer les conditions de sécurité. Avant de s’approcher, il est important de vérifier qu’il n’existe pas de danger supplémentaire ou de risque pour soi-même. Par exemple, lors d’un accident de la circulation, allumez vos feux de détresse, garez votre véhicule après le lieu de l’accident et mettez vos passagers à l’abri sur le bas-côté ou derrière les barrières de sécurité ; puis, balisez la zone de l’accident avec des triangles de signalisation et, si cela est possible, coupez le contact du véhicule accidenté et serrez le frein à main.
Une fois toutes ces précautions prises, vous pourrez vous intéresser à la victime : présentez-vous et vérifiez qu’elle est consciente et qu’elle respire.

Alerter les secours

Si vous avez besoin d’aide, vous devez alerter les services de secours et fournir des indications précises. Préparez-vous à donner votre numéro de téléphone, à expliquer la nature du problème et les risques éventuels et à indiquer votre localisation précise (ville, rue, numéro, bâtiment, étage), ainsi que le nombre de victimes et leur état.
Appelez ensuite l’un des numéros d’urgence : le 18 (les sapeurs-pompiers, pour tout problème de secours), le 15 (le Samu, pour tout problème urgent de santé), le 17 (la police ou la gendarmerie, pour tout problème de sécurité ou d’ordre public), le 112 (numéro d’appel unique des urgences en Europe, recommandé aux Français circulant à l’étranger) ou le 115 (le Samu social, pour toute personne présentant une détresse sociale).
Une fois que vous aurez répondu aux questions de votre interlocuteur, ne raccrochez pas, attendez qu’il vous y invite.

Secourir : les bons gestes

Une plaie simple. Avant toute chose, lavez-vous les mains. Puis, lavez la plaie à l’eau et au savon, ou utilisez un antiseptique, et appliquez un pansement adhésif pour protéger. Si la plaie est située à proximité de l’œil, de la bouche, des oreilles, du nez, du sexe ou de l’anus, demandez conseil à votre médecin. Faites de même si la blessure gonfle, devient chaude, rouge, douloureuse dans les jours qui suivent ou encore si la victime n’est pas protégée contre le tétanos.
Un saignement abondant. Allongez la victime et évitez, si possible, tout contact direct avec le sang. Demandez-lui de comprimer elle-même sa blessure. Sinon, comprimez la plaie avec vos mains protégées par des gants jetables, un sac plastique ou un linge jusqu’à l’arrivée des secours.
Une morsure, une piqûre. En cas de morsure, nettoyez la plaie à l’eau et au savon et mettez un pansement adhésif. Demandez un avis médical et faites examiner l’animal responsable de la blessure par un vétérinaire pour détecter une éventuelle présence du virus de la rage. En cas de piqûre, appelez les secours si la victime est allergique, si elle a été piquée plusieurs fois, notamment dans la bouche, ou si elle ne se sent pas bien. Surveillez-la en attendant l’arrivée des secouristes.
Une brûlure simple. Refroidissez le plus tôt possible la brûlure sous l’eau du robinet, jusqu’à ce que la douleur disparaisse. Ne percez pas la cloque, n’appliquez ni pommade, ni antiseptique, ni corps gras, ni tout autre produit. Protégez simplement la zone avec un pansement stérile. Appelez les secours si la brûlure est profonde, d’aspect noirâtre ou si elle présente une cloque importante, si elle est localisée près du visage, des mains ou des articulations ou encore si la victime est un nourrisson ou un enfant.
Un étouffement. Si la victime ne peut plus parler, ni respirer, ni tousser, penchez-la vers l’avant en soutenant sa poitrine d’une main et donnez-lui, au maximum, cinq claques dans le dos, entre les omoplates. Après chaque claque, observez si le corps étranger a été rejeté ou non. Si ce geste reste sans effet, réalisez des compressions abdominales. Pour cela, penchez la victime vers l’avant. Tenez-vous derrière elle et placez l’un de vos poings fermé entre le nombril et l’extrémité inférieure du sternum. Maintenez votre poing en place à l’aide de votre autre main. Enfoncez fortement votre poing vers vous et vers le haut. Recommencez ce geste cinq fois au maximum et, si le problème persiste, contactez les secours.
Un malaise. Si la victime est consciente, proposez-lui de s’allonger, rassurez-la, puis demandez-lui depuis combien de temps dure ce malaise et si elle prend des médicaments, avant de prendre un avis médical. Si la victime est inconsciente, vérifiez qu’elle respire, allongez-la sur le côté et appelez les secours.
Un malaise cardiaque. La victime se plaint d’une douleur à la poitrine et qui irradie dans le bras, l’épaule, le cou, la mâchoire inférieure ou l’estomac ? Mettez-la au repos dans une position confortable : allongée, semi-assise ou assise. Même si la personne prétend que ce n’est pas grave, posez-lui des questions sur son état et alertez le Samu. Vérifiez régulièrement qu’elle est consciente et respire normalement.

 

Comment se former aux premiers secours ?
La formation de base aux premiers secours, appelée Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), est dispensée par plusieurs organismes agréés : la Croix-Rouge, les sapeurs-pompiers, la Protection civile, la Fédération française de sauvetage et de secourisme, etc. Elle est accessible à tous à partir de 10 ans. D’une durée de sept heures environ, elle coûte entre 40 et 90 euros. La formation est organisée autour de cours théoriques, avec des mises en situation et des cas concrets pour apprendre à protéger et à alerter les secours, à savoir que faire si la victime s’étouffe, saigne abondamment, est inconsciente, ne respire plus ou se plaint d’un malaise ou d’un traumatisme. A l’issue de la formation, le moniteur évalue la capacité à exécuter correctement les gestes nécessaires à l’obtention du certificat.

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