PMA : le gouvernement veut réduire les délais d’attente

, par  Isabelle Coston

Avec l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, le temps d’attente pour y avoir accès risque de considérablement s’allonger. Environ 3 500 nouvelles demandes liées à la loi auraient déjà été enregistrées, contre les 1 000 attendues au démarrage, selon le ministère de la Santé.

À la suite de la réforme donnant accès à la PMA également aux couples de femmes et aux femmes célibataires, les médecins s’attendent à un afflux de demandes. Afin qu’ils puissent y répondre dans des délais raisonnables, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a annoncé un déblocage de fonds supplémentaires.

Huit millions d’euros en plus

Lors d’une rencontre en visioconférence avec les représentants et les directions des centres et établissements pratiquant la PMA en France, mardi 14 septembre, le ministre a en effet promis une augmentation de 8 millions d’euros de l’enveloppe budgétaire qui leur était consacrée, afin de « compléter les équipements et moyens humains de ces établissements, et leur permettre de faire face aux demandes déclenchées par le vote de la PMA pour toutes par le Parlement », a-t-il ajouté. Quatre millions seront investis dès cette année : deux millions pour l’équipement et deux autres pour le personnel, puis le reste en 2022 et 2023. Olivier Véran a également fixé un objectif de réduction des délais d’attente à moins de 6 mois, contre 1 an en moyenne aujourd’hui. Afin que les délais soient respectés, un comité de pilotage aura vocation, dès l’automne, à suivre la manière dont se passe la mise en application de la nouvelle loi, pour les professionnels comme pour les patients.

Garantir le droit à la PMA pour toutes les femmes

Promulguée le 2 août dernier après sa validation par le Conseil constitutionnel le 29 juillet, la loi relative à la bioéthique prévoit, notamment, la possibilité pour les couples de femmes et les femmes non mariées d’initier un parcours de PMA avec tiers donneur. « Cette réforme étend également les possibilités de préservation de la fertilité pour des causes non médicales et organise, pour les enfants nés et à naître de techniques de PMA avec don, la possibilité de rechercher leurs origines », souligne le gouvernement dans un communiqué. « La PMA pour toutes est une avancée sociétale majeure, attendue par de nombreuses familles, a conclu Olivier Véran. Nous devons prendre toutes les dispositions pour que ce droit nouveau soit effectif, concret, respectueux des projets de ces familles. »

Reste à régler d’autres problèmes, dont un risque de pénurie de sperme, qui inquiète certaines associations. Pour y remédier, le ministère de la Santé envisage de lancer prochainement une campagne de communication pour inciter au don.

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