Nouvelle étape vers la reconnaissance de la maladie de Lyme

, par  Vincent Portois

A la fin juin, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a promis aux associations de lutte contre la maladie de Lyme une réelle avancée : dès septembre prochain sera présenté un plan d’action pour renforcer la prévention de cette pathologie potentiellement grave.

« Renforcer la prévention de la maladie, consolider son diagnostic, améliorer la prise en charge des personnes qui en sont atteintes et associer l’ensemble des parties prenantes dans ce combat », voici les principaux points du plan d’action dévoilé par le ministère de la Santé, quelques heures après avoir consulté les associations concernées, à la fin juin. Dans la foulée, ce même ministère a saisi la Haute Autorité de santé (HAS) pour « qu’elle mette à jour ses recommandations sur le traitement des formes avancées de la santé », ce qui témoigne de la volonté de la ministre d’accélérer le débat.
Les différents combats menés ces dernières années par des associations, des spécialistes et des malades (grèves de la faim, plaintes contre des laboratoires pharmaceutiques, etc.) n’auront pas été vains dans la lutte contre cette infection due à une bactérie transmise par les tiques. Selon le réseau Sentinelles, environ 27 000 nouveaux cas sont officiellement recensés, chaque année. Par cette reconnaissance, la France rattrape peu à peu son retard. On ne parlera donc plus de « maladie rare » et la plupart des malades ne seront plus forcés de se rendre dans d’autres pays de l’Union européenne pour faire un test et, éventuellement, se soigner.

Une reconnaissance scientifique depuis 2014

Les engagements du gouvernement s’appuient sur différentes actions engagées depuis 2014, à commencer par le rapport du Haut Conseil de santé publique (HSCP) intitulé « Mieux connaître la borréliose de Lyme pour mieux la prévenir ». L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait, elle, conduit une évaluation des tests de dépistage, afin d’améliorer la détection de la maladie.
De même, pour améliorer la prévention, « l’information du grand public, des médecins et des pharmaciens a été renforcée, à travers des documents dédiés disponibles sur le site Internet du ministère », indique ce dernier, qui ajoute : « La loi de modernisation de notre système de santé permet en outre la mise en œuvre d’actions de sensibilisation du grand public et des professionnels de santé dans le cadre des projets régionaux de santé. Et pour améliorer nos connaissances sur cette maladie et sa prise en charge, de nouvelles recherches ont été engagées par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Alliance des sciences du vivant (Aviesan). » On peut donc parler de véritable avancée concernant la prévention et le dépistage : avec la mise en place en septembre du plan d’action, débute la reconnaissance publique d’un réel problème de prise en charge de cette maladie.

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