Pharmacies : bientôt la pénurie ?

, par  Delphine Delarue

Dans son dernier rapport démographique, l’Ordre des pharmaciens constate une accélération des fermetures d’officines en 2015. Désormais, une pharmacie glisserait la clé sous la porte tous les deux jours, contre une tous les trois jours il y a deux ans.

Si le nombre de pharmaciens a légèrement augmenté l’an passé (+ 0,35 %), notamment grâce au retardement du départ à la retraite de certains d’entre eux, les fermetures d’officines se sont, elles, accélérées. C’est ce que révèle le dernier rapport démographique de l’Ordre national des pharmaciens, qui vient tout juste de paraître. En 2015, on comptait 22 221 pharmacies en France, soit une baisse de 0,8 % par rapport à 2014. Selon le rapport, une officine fermerait définitivement tous les deux jours, contre une tous les trois jours il y a deux ans, les territoires les plus touchés étant les départements ruraux comme la Corrèze, l’Orne et la Haute-Marne. Malgré cela, globalement, « le maillage territorial de proximité reste toujours harmonieux », notamment grâce « à la concentration du secteur et à l’exercice groupé », précise le rapport. Sur la totalité des pharmacies, près de 4 000 sont installées dans des communes de moins de 2 000 habitants et 3 651 dans des communes de 2 000 à 5 000 habitants. « Comparé à la plupart des grands pays de l’Union européenne voisins (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie), la densité en officines au kilomètre carré est plus modeste en France, sans pour autant qu’il y ait de désert pharmaceutique », ajoutent les auteurs.

De nombreux départs à la retraite attendus

La situation pourrait cependant s’aggraver avec les nombreux départs à la retraite à prévoir dans la profession au cours des prochaines années. D’ici à 2026, près de 21 000 pharmaciens d’officine cesseront leur activité, et leur remplacement semble loin d’être garanti : « Lorsque l’on examine les choix des filières à l’université, on constate que l’orientation récente des jeunes diplômés se fait de plus en plus au détriment de la filière officine », souligne le rapport. Celle-ci n’est en effet choisie que par 30 % des étudiants (ils étaient 60 à 70 % auparavant), la majorité se tournant désormais vers l’hôpital ou l’industrie. « On ne peut pas reprocher aux jeunes de se détourner d’une filière quand ils ne savent pas où va leur avenir », constate Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP). Aujourd’hui, les pharmaciens ne veulent plus être de simples vendeurs de boîtes de médicaments. Ils entendent bien jouer un rôle accru en matière de prévention et élargir leurs compétences.

Améliorer l’attractivité du métier

Pour améliorer l’attractivité du métier, le CNOP demande que les annonces concernant l’évolution de la profession se concrétisent enfin. « Les retards de publication des textes concernant la filière freinent les initiatives qui rendraient pourtant des services incontestables à la population française, déplore la présidente. Les pharmaciens d’officine ne peuvent plus attendre. » Parmi ces textes déjà votés mais dont les décrets d’application tardent à paraître : l’autorisation de mener des entretiens de sevrage tabagique pour les femmes enceintes et de faire passer des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) pour le dépistage des maladies comme l’angine, ou encore la possibilité pour les pharmaciens adjoints d’entrer dans le capital des officines tout en restant salariés. « Lasse de demander », Isabelle Adenot a annoncé avoir invité le CNOP à user des voies de recours « si les choses n’avancent pas très rapidement ».

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