Permanence des soins : de moins en moins de médecins volontaires

, par  Delphine Delarue

L’Ordre des médecins fait part de son inquiétude quant à la pérennité du système des gardes de nuit et du week-end en France. Les médecins volontaires sont moins nombreux, en raison notamment d’une charge journalière de travail déjà importante et de l’étendue des territoires à couvrir.

Cela fait longtemps que les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme : la permanence des soins la nuit et le week-end se dégrade d’année en année, et la situation n’est pas près de s’améliorer. C’est ce qui ressort d’un rapport publié récemment par l’Ordre des médecins. Ses auteurs parlent même de « fortes inquiétudes » quant à l’avenir et regrettent notamment « le manque de mesures d’adaptation » qui menace la pérennité « de cette mission de service public ».
Il faut savoir que, depuis 2002, la participation des médecins de ville à la permanence des soins n’est plus obligatoire. Celle-ci fonctionne désormais sur la base du volontariat, dont l’érosion est une nouvelle fois constatée pour 2014 : « Seuls 60 % des départements rapportent un taux de médecins généralistes volontaires supérieur à 60 %, contre 73 % des départements en 2012 », indique l’Ordre.

Baisse de l’intérêt pour l’exercice libéral

Pour celui-ci, il y a plusieurs explications au phénomène observé : « La démographie (médicale, NDLR) en baisse, la surcharge de travail (des médecins), la recherche d’une meilleure qualité de vie et la baisse de l’intérêt pour l’exercice libéral sont autant de facteurs qui engendrent des tensions sur la continuité de la permanence des soins. » Le rapport dénonce également les regroupements de territoires mis en œuvre pour répondre au déficit de praticiens dans les zones rurales : les espaces à couvrir sont aujourd’hui trop vastes et « déconnectés des relations professionnelles et confraternelles de proximité des médecins ». Ces derniers semblent épuisés et découragés. De même, la garde de nuit profonde (de minuit à 8 heures du matin) n’existe plus dans les deux tiers du pays (la prime spécifique qui revenait aux médecins a été supprimée par les agences régionales de santé).

Un nombre quasi nul de nouvelles maisons médicales de garde

Par ailleurs, l’Ordre des médecins pointe le nombre « quasi nul » de nouvelles maisons médicales de garde en 2014, des structures pour lesquelles restent en outre posés des « problèmes de fragilité » et de « pérennité ». Il souligne enfin le fait que l’Etat et les régions n’apportent pas de solutions concrètes ni de « ligne directrice sur un sujet aussi important ».
Pour les médecins, le système de la permanence des soins tel qu’il existe aujourd’hui a atteint ses limites. Le rapport propose donc d’autres axes de réflexion, comme la professionnalisation de la garde, le développement soutenu des coopérations interprofessionnelles et de la télémédecine (notamment en Ehpad) ou la mise en place d’une campagne d’information sur le bon usage du dispositif de la permanence de soins. Le soir, la nuit et le week-end, les patients ont tendance à se rendre directement aux urgences plutôt que de contacter le centre 15, dont le rôle est aussi d’assurer la régulation des soins et l’orientation vers les médecins de garde.

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