Paracétamol, ibuprofène, aspirine : vers la fin du libre-service

, par  Delphine Delarue

A partir du 15 janvier, le paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène et l’aspirine devront obligatoirement être placés derrière le comptoir des pharmacies. Objectif : limiter les risques associés au mésusage de ces médicaments fréquemment utilisés.

Vous ne pourrez bientôt plus trouver d’aspirine, de Doliprane ou d’Advil en libre-service dans les rayons des pharmacies. Bien qu’ils soient toujours accessibles sans ordonnance, il faudra obligatoirement les demander au pharmacien, dont le rôle de conseil sera ainsi renforcé. « A compter du 15 janvier 2020, ces médicaments devront tous être placés derrière le comptoir », a annoncé l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) le 17 décembre. Cette nouvelle mesure, qui concerne tous les produits pharmaceutiques contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.) et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens-AINS (ceux à base d’ibuprofène comme l’Advil ou le Nurofen et l’aspirine), a pour objectif de « favoriser le bon usage de ces médicaments d’utilisation courante », explique l’agence. « Sûrs et efficaces lorsqu’ils sont correctement utilisés », ces produits présentent en effet des risques importants en cas de mésusage. Le surdosage de paracétamol peut notamment entraîner des lésions graves du foie, irréversibles dans certains cas. Sa mauvaise utilisation est d’ailleurs la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France.
Règles de bon usage
L’ANSM rappelle en outre les règles de bon usage de ces produits les plus utilisés en auto-médication comme antalgiques ou antipyrétiques chez les adultes et les enfants. En cas de douleur et/ou de fièvre, par exemple dans un contexte d’infection courante comme une angine ou une toux, l’agence recommande de prendre la dose de paracétamol la plus faible et le moins longtemps possible. « Respecter la dose maximale par prise, la dose maximale quotidienne et l’intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l’absence d’ordonnance) », précise-t-elle. Pensez aussi à bien vérifier la présence éventuelle de paracétamol dans les autres médicaments que vous utilisez pour les douleurs, la fièvre, les allergies ou pour traiter les symptômes de rhume ou d’état grippal.
Même chose pour les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : prenez-les à dose minimale efficace pendant la durée la plus courte et évitez-les en cas de varicelle. Ne prolongez pas le traitement au-delà de trois jours en cas de fièvre et de cinq jours en cas de douleur. Enfin, sachez que tous les AINS sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois de grossesse.

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