Ostéoporose : les rhumatologues tirent la sonnette d’alarme

, par  Delphine Delarue

A l’occasion de la Journée mondiale de l’ostéoporose, le 20 octobre, l’Association française de lutte anti-rhumatismale (Alfar) publie un livre blanc dans lequel elle dénonce des déficiences du système de santé français en matière de prévention et de dépistage d’une maladie qui touche pourtant une femme sur trois et un homme sur cinq après 50 ans.

Ils ont décidé de faire bouger les lignes. A l’occasion de la Journée mondiale de l’ostéoporose, le 20 octobre, les spécialistes de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (Aflar) ont publié un livre blanc qui fustige la prévention, le diagnostic et la prise en charge par le système de santé d’une pathologie qui concerne près de 3 millions de femmes en France. Maladie chronique silencieuse, l’ostéoporose, qui toucherait également 10 % des hommes, se traduit par une détérioration de la structure interne des tissus de l’os et par une diminution de la densité osseuse. En 2010, elle était responsable de 393 000 fractures, en particulier au niveau des vertèbres, du poignet et de la hanche (col du fémur). Cette dernière est la plus fréquente et la plus redoutée, puisque, lorsqu’elle intervient, le taux de mortalité à un an atteint les 20 % en raison de diverses complications associées notamment au grand âge. « Il est à noter par ailleurs que 50 % environ des sujets victimes d’une fracture de la hanche ne retrouvent pas leur autonomie antérieure, ce qui les conduit fréquemment à quitter leur domicile pour vivre en institution, soulignent les auteurs du livre blanc. Parmi les survivants, 30 % des patients sont atteints de démence, 40 % incapables de marcher sans aide et 80 % [dans l’impossibilité] de réaliser sans aide au moins une activité de la vie courante. »

Une maladie « sous-diagnostiquée » et « sous-traitée »

« L’ostéoporose est une maladie sous diagnostiquée et sous-traitée, déplore l’Aflar dans un communiqué. Les patients la considèrent comme une conséquence naturelle du vieillissement et sa prise en charge par les médecins ne cesse de baisser depuis dix ans. » D’après les données rassemblées dans le livre blanc, après une première fracture 51 % des patients ne revoient aucun médecin dans le mois qui suit leur hospitalisation et seuls 15 % suivent un traitement. Résultat : 29 % sont ré-hospitalisés pour rechute, et dans ce cas-là, ce sont 20 % des patients qui décèdent. En parallèle, l’association indique que le nombre d’ostéodensitométries, l’examen qui permet de diagnostiquer la maladie, baisse de plus de 6 % par an, alors que le nombre de patients de plus de 50 ans traités pour une facture a augmenté de 10 % entre 2011 et 2013. Si rien n’est fait pour inverser la tendance, l’association redoute un véritable « tsunami de fractures » dans les années à venir, avec tout ce que cela implique en terme de souffrances, de perte d’autonomie pour les patients et de coûts de prise en charge pour l’Assurance maladie. L’Aflar réclame la mise en place d’un véritable plan de lutte contre la maladie avec, notamment, une meilleure information des médecins généralistes, des campagnes de sensibilisation sur la constitution d’os solides (alimentation riche en calcium et en vitamine D, activité physique) et sur la prévention des chutes, un dépistage systématique pour les femmes de plus de 65 ans et la création d’un registre national des fractures de l’ostéoporose.

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