Les optométristes veulent aider à réduire les délais d’attente chez les ophtalmos

, par  Léa Vandeputte

Réunis en congrès, les optométristes de France ont réclamé leur intégration dans le parcours de soins. Ils veulent avoir le droit de vérifier la vue afin de désengorger les salles d’attente des ophtalmologistes.

Réunie à l’occasion du Congrès d’optométrie et de contactologie qui s’est déroulé les 28 et 29 janvier à Montrouge (92), la profession a interpellé le gouvernement en réclamant le droit de vérifier la vue des Français. Le président de l’Association des optométristes de France, Yannick Dyant, a en effet plaidé pour une réorganisation de la filière visuelle. « Le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un médecin ophtalmologiste est tout bonnement ahurissant », a-t-il affirmé à la tribune. En décembre 2017, une étude réalisée par l’institut Ifop révélait en effet qu’il fallait en moyenne attendre quatre-vingt-sept jours pour avoir un rendez-vous. Un délai qui s’élève à trois mois pour un tiers des cabinets interrogés et qui peut aller jusqu’à neuf mois dans 5 % des cas.

Une profession non reconnue

Le Conseil mondial de l’optométrie (World Council of Optometry) définit cette spécialité comme « une profession de santé autonome, formée et réglementée. Les optométristes sont les professionnels de santé de l’œil et du système visuel qui assurent un service oculaire et visuel complet, qui inclut la réfraction et la fourniture des équipements optiques, la détection, le diagnostic et le suivi des maladies oculaires et la réhabilitation du système visuel ». En France, les professionnels, ayant un niveau de formation équivalant à un bac + 5, exercent généralement comme opticiens-lunettiers. L’optométrie n’y est pas une spécialité reconnue. « Notre combat reste compliqué. [Pourtant,] quand Emmanuel Macron était ministre de l’Economie, il prévoyait une réglementation de l’optométrie, a déclaré Yannick Dyant à l’Agence France presse (AFP). Il y a urgence, car, concernant les délais d’attente, nous allons vers une catastrophe, avec dans les cinq ans à venir 10 à 15 % d’ophtalmos en moins. »

Refus des ophtalmologistes

La loi prévoit depuis janvier 2017 que les orthoptistes qui exercent en cabinet avec un ophtalmologiste puissent réaliser le bilan visuel d’un patient. S’ils peuvent intervenir sur la préparation de l’examen médical, seul l’ophtalmo peut rédiger la prescription. La réalisation du bilan par les optométristes laisse plus que perplexe le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), ces derniers restant très attachés à leur monopole. « Les exemples venant de l’étranger n’encouragent pas à favoriser la présence des optométristes sur le sol français : prolifération anarchique de leur installation (pas d’ordre régulant ces installations ou les anomalies résultantes) ; possibilité de faire de la publicité, interdite pour les professions médicales ; mises sur la touche des médecins ophtalmologistes et des opticiens traditionnels ; revendication future vers la prescription de médications ou la réalisation d’actes de petite chirurgie », s’inquiète le syndicat sur son site Internet.

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