Octobre rose : la Ligue s’attaque au « pinkwashing »

, par  Delphine Delarue

La Ligue contre le cancer vient de lancer une charte de bonnes pratiques pour lutter contre le détournement de la mobilisation Octobre rose, prétexte, depuis quelques années, à des « communications opportunistes, désordonnées, voire mercantiles » de la part de nombreuses entités institutionnelles, privées et associatives.

Avec 54 000 nouveaux cas par an et plus de 11 900 décès en 2015, le cancer du sein reste un des plus meurtriers chez la femme. Or, détecté à un stade précoce, il peut être guéri dans plus de neuf cas sur dix. D’où l’importance, pour toutes les femmes, de se faire dépister régulièrement. Ce message clé de la campagne Octobre rose, dont la vingt-cinquième édition vient de débuter, a récemment été rappelé avec fermeté par la Ligue contre le cancer. Dans un communiqué, l’association déplore le fait que, depuis quelques années, la campagne devienne « une mobilisation souvent détournée de son objet, prétexte à des communications opportunistes, désordonnées voire mercantiles : de nombreuses entités institutionnelles, privées et associatives se sont emparées du mouvement pour collecter des fonds, fédérer, informer, changer d’image sociétale ». Selon la ligue, ce pinkwashing sauvage tendrait à anéantir l’efficacité de la mobilisation. Résultat : la participation au dépistage organisé ne cesse de diminuer chaque année. En 2016, seules 50,7 % des femmes âgées de 50 à 74 ans se sont fait dépister (contre 51,5 % en 2015 et 52,7 % en 2012).
Une charte de bonnes pratiques
Pour lutter contre ces dérives, l’association lance une charte de bonnes pratiques destinée à ses comités départementaux. L’Objectif : leur permettre de mieux cadrer les actions estampillées « Octobre rose » et recentrer la mobilisation sur la promotion du dépistage. Celui-ci se décline en trois périodes essentielles : entre 25 et 49 ans, l’examen clinique des seins (palpation) doit être réalisé tous les ans par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme ; entre 50 et 74 ans, une mammographie de dépistage est recommandée tous les deux ans (cet examen est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie) ; et au-delà de 74 ans, à nouveau une palpation tous les ans.
La charte permet aussi de garantir la bonne utilisation des fonds recueillis par la ligue dans le cadre d’Octobre rose. « Grâce à ces dons, les Comités départementaux continueront de financer des projets de recherche dédiés et des services d’aide et de soutien auprès de nombreuses femmes (accompagnement en soins de support, accompagnement social, accueil et orientation, promotion du dépistage) », conclut l’association.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

Surveiller sa santé grâce aux objets connectés

Depuis l’apparition des podomètres « intelligents », nombreuses sont les personnes qui consultent régulièrement leur Smartphone pour savoir combien de pas elles ont faits dans la journée. Les objets connectés, très populaires, ont donné une deuxième jeunesse à la prévention en apportant un aspect ludique (...)

Autisme : Quelle prise en charge aujourd’hui en France

Manque de structures adaptées et d’informations, faible coordination entre les différents intervenants, discours contradictoires de professionnels, absence d’interlocuteur unique au sein du système de soins… En France, malgré trois plans Autisme successifs, la prise en charge de ce trouble reste (...)

Plastiques, cosmétiques, alimentation…

Les perturbateurs endocriniens font désormais partie de notre environnement quotidien. Problème : ces molécules sont rendues responsables de malformations génitales, de pubertés précoces et de diminution de la fertilité. On les soupçonne également de jouer un rôle dans le développement de l’obésité, du (...)

ARTICLES RÉCENTS