Le nombre de généralistes enregistre une forte baisse

, par  Vincent Portois

Dans son Xe Atlas annuel, le Conseil national de l’ordre des médecins pointe une baisse inquiétante du nombre de médecins généralistes, partout en France, entre 2007 et 2016. Sur la même période, le nombre de médecins spécialisés est, lui, en augmentation.

Si être médecin est toujours une vocation, le Xe Atlas annuel du Conseil de l’ordre des médecins (CNOM) montre que les carrières médicales souffrent d’une réelle désaffection. La situation est alarmante, surtout concernant les généralistes, communément appelés « médecins de famille » : toutes les régions sont touchées, sauf la Bretagne et les Pays de la Loire. Le risque que les médecins retraités ne soient pas remplacés existe bel et bien. Entre 2007 et 2016, le nombre de médecins retraités a connu une hausse de 87,7 %, alors « que le nombre d’actifs n’a augmenté, sur la même période, que de 1,2 % », indique l’Atlas. Le Conseil de l’ordre précise que, depuis 1979, l’augmentation totale du nombre de médecins a été de 140,5 %, mais, dans le même temps, cette hausse est de 940 % pour les retraités. D’où l’importance d’avoir recours aux médecins diplômés d’autres pays, pour combler la désertification. « Les effectifs de médecins généralistes sont les premiers touchés par le nombre important de départs en retraite, souligne le document du CNOM. Ils connaissent une chute inexorable, et ce, de manière préoccupante puisque cette chute devrait se poursuivre jusqu’en 2025 et pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025. »

Pas seulement dans les zones rurales

Les disparités régionales sont toutefois importantes. L’Ile-de-France enregistre ainsi la plus forte baisse (7 %) et la région Pays de la Loire la plus forte hausse (7 %) de médecins inscrits en activité régulière. Le véritable déclin, le plus inquiétant, concerne les régions ayant « au départ une densité de généralistes faible, comme la région Centre (107,7 pour 100 000 habitants) ou la Bourgogne (112,5 pour 100 000 habitants). La moyenne nationale de généralistes est de 132,1 pour 100 000 habitants », précise un article de La Dépêche du Midi.
La désertification n’est pas que rurale, elle menace aussi les espaces urbains : « A titre indicatif, les départements de la Ville de Paris et de la Nièvre enregistrent une baisse identique du nombre de médecins généralistes en activité régulière sur la période 2007-2016 (- 25 %), détaille l’Atlas. Les départements de l’Yonne et des Yvelines recensent également la même diminution du nombre de médecins généralistes en activité régulière (- 21 %). »

Situation favorable pour les spécialistes

Le nombre de médecins spécialistes en activité régulière devrait, lui, passer de 85 064 en 2016 à 91 012 en 2025, alors que les généralistes devraient être 81 455 à cette date, selon les prévisions du CNOM. Seuls vingt-cinq départements ont vu le nombre de spécialistes diminuer entre 2007 et 2016. Le Cher, la Haute-Marne et la Meuse ont enregistré les baisses les plus fortes (13 % chacun), alors que la Haute-Savoie et la Somme, à l’opposé, ont connu des hausses respectives de 24 % et de 23 %. Malheureusement, certaines spécialités semblent de moins en moins attractives pour les nouveaux diplômés : « Entre 2007 et 2016, les effectifs en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent ont fondu de près de la moitié (- 48,2 %). Ceux de la médecine du travail ont diminué de 14,6 %, de la dermatologie de 8,9 % et de la rhumatologie de 8,4 %. »

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