Mort subite du nourrisson : vers un test de dépistage ?

, par  Léa Vandeputte

Une nouvelle étude scientifique permet de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la mort subite du nourrisson, pathologie à l’origine de 400 à 500 décès chaque année en France. Ces résultats ouvrent la voie d’un dépistage des bébés à risque.

Le syndrome de mort subite est la première cause de mortalité en France des nourrissons âgés de 1 mois à 1 an. Dans le pays, chaque année, ce sont 400 à 500 bébés qui décèdent de manière brutale et inattendue durant leur sommeil. Dans la majorité des cas, il n’est pas possible d’identifier précisément les causes de la mort. Mais une étude, menée par des médecins du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Strasbourg et publiée par la Public Library of Science (PLOS), pourrait changer la donne.

À l’origine : une anomalie cardiaque

Selon les chercheurs, une anomalie au niveau du cœur pourrait expliquer certains cas de mort subite. Des récepteurs cardiaques en trop grand nombre ralentiraient en effet trop fortement le cœur et entraîneraient des malaises dus à une mauvaise irrigation sanguine du cerveau. Il existerait donc un lien entre une hyperactivité vagale, c’est-à-dire un ralentissement cardiaque brutal, et la survenue du syndrome. Cette découverte est porteuse d’espoir car un prélèvement sanguin permettrait de détecter précocement cette anomalie et de proposer un traitement. L’objectif à long terme serait de proposer un dépistage des nouveau-nés dès l’âge de 3 jours. Pour l’heure, les enfants considérés comme les plus à risque sont ceux qui affichent un faible poids à la naissance, les prématurés et les grands prématurés notamment.

Les bons gestes pour limiter le risque

Des mesures permettent d’ores et déjà de prévenir la mort subite du nourrisson. La plus importante consiste à coucher les bébés sur le dos. Ce geste simple, recommandé par les autorités de santé et diffusé largement auprès des professionnels de santé et des jeunes parents au début des années 1990, s’est révélé très efficace : « il a réduit de 75 % le taux de mort subite du nourrisson, entre 1991 et 1997 », indique l’Assurance maladie sur son site Ameli.fr. Pour dormir, il est aussi préconisé de placer les jeunes enfants dans un lit à barreaux, sur un matelas ferme, de préférer la gigoteuse (ou turbulette) à un drap ou une couette et de retirer les cales-bébés, tours de lits, peluches, etc. Mieux vaut également respecter le rythme de sommeil et d’éveil de l’enfant, éviter de fumer dans la maison, garder une température de 18 à 20 °C dans la chambre et interdire son accès aux animaux de compagnie.

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