Médicaments : les patchs en questions

Apparus il y a plus de vingt ans, les patchs médicaux ont connu un essor considérable. Mal des transports, sevrage tabagique, contraception... : on en trouve désormais dans de nombreuses spécialités. Questions-réponses sur leurs avantages et leurs inconvénients.

Quel est l’intérêt du patch ?

Le patch est un dispositif qui utilise la voie transdermique pour libérer le médicament à une dose précise, de façon prolongée et continue. Cela permet d’avoir une concentration relativement stable du produit dans le sang. Comme le médicament ne passe pas par l’estomac et le foie, le risque d’effets secondaires est limité, notamment pour les patchs anti-inflammatoires. Ce dispositif simplifie aussi la prise et le suivi du traitement : on ne risque pas d’oublier un comprimé.

Où faut-il le placer ?

L’important est de toujours le coller sur une peau propre, sèche et peu poilue. Un patch anti-inflammatoire s’applique à l’endroit où l’on a mal, et un patch anesthésiant, là où l’on subira une prise de sang, par exemple. Il faut toujours suivre les recommandations indiquées sur la notice. Et pas besoin de l’enlever avant
la douche : la plupart des patchs sont conçus pour résister à l’eau. Evitez cependant les bains chauds : une augmentation de la température du corps peut entraîner une modification de la vitesse et de la dose délivrée et être à l’origine d’un surdosage.

Peut-on couper un patch ?

Théoriquement, non. En réalité, certains patchs présentent une possibilité de découpe, précisée sur la notice. Dans ce cas, le couper en deux revient à couper un comprimé. N’hésitez pas à demander conseil au médecin ou au pharmacien. Quant aux patchs contenant un réservoir, ils ne peuvent pas être coupés : cela endommagerait le dispositif et le produit coulerait en dehors.

Le patch est-il sans danger ?

Non : il s’agit d’un médicament, il faut donc respecter la posologie et faire attention au surdosage et aux interactions avec d’autres produits. On doit également veiller à ne pas le laisser traîner, même après utilisation, afin qu’il ne tombe pas entre les mains d’un enfant. Ce dernier pourrait le coller sur sa propre peau ou, pire, le mettre dans la bouche.

Comment fonctionne le patch à la nicotine ?

Ce patch libère une quantité prédéterminée de nicotine dans le sang. Il faut généralement une heure après application pour atteindre le taux souhaité ; la nicotine sera ensuite délivrée en continu pendant seize ou vingt-quatre heures, selon le dispositif. Trois dosages sont disponibles, en fonction du degré d’addiction. On réduit ensuite ce dosage au fil des semaines, jusqu’au sevrage.

Et le patch contraceptif ?

Le patch contraceptif diffuse des hormones dans l’organisme pour bloquer l’ovulation, exactement comme la pilule.
Il contient une association hormonale identique à celle d’une pilule combinée (estradiol et progestatif) et expose au même risque de thrombose veineuse ou artérielle. Il n’est donc pas recommandé chez les femmes de plus de 35 ans, ni chez celles qui présentent un tabagisme important ou encore des antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’infarctus. Le patch se change une fois par semaine pendant trois semaines, la quatrième correspondant à la période des règles.

Les patchs antidouleur sont-ils efficaces ?

Oui, ils ont même permis certains progrès dans la prise en charge de la douleur. Il en existe que l’on pose avant les piqûres (prise de sang, perfusion, vaccin) ou les actes chirurgicaux superficiels. Les patchs à la morphine fonctionnent aussi très bien sur les malades souffrant de douleurs violentes, dues au cancer par exemple.

Pour plus d’infos sur les patchs : Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM), Ansm.sante.fr, rubrique « S’informer », puis « Actualité » et « Disposi­tifs transdermiques (patchs)… », 24 novembre 2014.

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