Médicaments génériques : le marché stagne

, par  Delphine Delarue

Après le rattrapage amorcé à la suite de la mesure « Tiers payant contre génériques », le marché des médicaments génériques ne progresse plus depuis l’été dernier. Parmi les causes avancées par le Gemme, l’association des professionnels du médicament générique : les habitudes de prescription de certains médecins, peu enclins à privilégier la substitution des princeps.

En 2013, le marché des génériques a représenté 785 millions de boîtes de médicament et 3,4 milliards de chiffre d’affaires. Grâce à eux, 2,4 milliards d’euros ont été économisés, soit un total de 15,5 milliards d’économies depuis 2000. Pourtant, ces médicaments peinent toujours à s’imposer, à la différence de ce qui se passe chez nos voisins européens : en France, ils ne représentent que 31 % du marché pharmaceutique en volume et 19 % en valeur, contre 75 % et 30 % en Allemagne. Si, globalement, le marché des génériques a progressé sur l’année 2013, de 16 % en volume et de 12,7 % en valeur, notamment grâce à la mise en place de la mesure « Tiers payant contre génériques » (TPCG), la croissance s’est ralentie à partir du second semestre, avant d’amorcer une régression au mois d’août. Pour résumer, « l’année 2013 est une année atone pour le médicament générique ; une année symptomatique de l’absence de mesures structurelles de long terme », commente le Gemme, l’association des industriels du médicament générique, dans un communiqué.

Un « problème français »

Pour les fabricants, la trop faible pénétration des génériques tient notamment au fait que les habitudes de prescription des médecins ne sont pas adaptées. Il s’agit du « problème spécifiquement français de la prescription hors du champ de la concurrence des médicaments génériques », expliquent-ils. En d’autres termes, certains médecins auraient tendance à prescrire des médicaments non substituables pour lesquels il n’existe pas de médicament générique, c’est-à-dire des produits encore sous brevet. Ainsi, seulement « 40 % des prescriptions sont effectuées dans le périmètre où la concurrence par les génériques est possible, contre plus de 70 % au Royaume-Uni ou en Allemagne », note le Gemme, qui précise également que si rien n’est fait en direction des prescripteurs, que ce soit en ville ou à l’hôpital, la croissance du marché sera quasi nulle en 2014.

Relancer la confiance

L’association demande donc l’instauration d’un budget de prescription et le maintien du rôle économique du médicament générique à l’officine. Par ailleurs, elle rappelle que dès le mois de février le prix de nombreux génériques baissera et qu’à partir du 1er mars l’ensemble des spécialités de la classe des statines affichera un prix unique (5 euros). Les industriels réclament la mise en place d’une grande campagne de communication à destination du grand public, pour « relancer la confiance des patients ». Une confiance qui ne semble d’ailleurs pas si mauvaise, si l’on en croit le dernier sondage réalisé sur la question par l’Ifop pour le laboratoir Mylan le 23 janvier : plus de trois sondés sur quatre disent avoir recours aux génériques et ils sont 89 % à suivre les recommandations de leur médecin quand celui-ci prescrit un générique. Il faut cependant préciser qu’en matière de médicaments génériques, les sondages se suivent et les résultats ne se ressemblent pas.

Sources
- « Les génériques peinent toujours à s’imposer », Catherine Ducruet, Lesechos.fr, 27 janvier 2014.
- « 2013 : après le rattrapage, un marché du médicament générique à nouveau à l’arrêt », communiqué du Gemme, l’association des professionnels du médicament générique, 27 janvier 2014.

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