Médicaments buvables : attention aux erreurs d’administration

, par  Delphine Delarue

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de lancer une campagne d’information destinée aux patients pour limiter les accidents médicamenteux liés à la mauvaise utilisation des pipettes, des cuillères-mesure ou de tout autre dispositif d’administration.

Pipettes, compte-gouttes, seringues orales, cuillères-mesure… : ces différents dispositifs sont indispensables à l’administration de la plupart des médicaments buvables, en particulier ceux qui sont destinés aux enfants. Parfois compliqués à utiliser, ils peuvent être sources d’erreurs de dosage et induire l’inefficacité, voire la dangerosité des traitements. Pour limiter les risques, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de lancer une campagne d’information et de sensibilisation destinée aux patients et à leurs proches.
Parmi les signalements d’erreurs avérées en lien avec ces dispositifs d’administration, « plus d’un tiers ont entraîné un effet indésirable, dont une moitié d’effets indésirables graves », indique l’agence. La majeure partie de ces incidents surviennent à domicile et sont le fait des patients eux-mêmes ou d’un membre de la famille administrant le médicament, notamment les parents. « Ces erreurs touchent en effet principalement les nourrissons et les enfants âgés de 2 à 11 ans », précise l’ANSM. 

Incompréhension des modalités d’administration

Dans la plupart des cas, les patients administrent une dose d’un médicament en utilisant une pipette ou une seringue qui provient d’un autre médicament et qui est restée, par exemple, dans l’armoire à pharmacie. Des erreurs peuvent également être dues à « l’incompréhension des modalités d’utilisation du dispositif fourni, voire de la prescription (administration de X pipettes ou seringues au lieu de X gouttes prescrites) », ajoute l’agence. Enfin, les accidents sont aussi causés par la conception même du dispositif : présence d’une double graduation ou manque de lisibilité, par exemple.
L’ANSM a donc édité une affichette qui sera placardée dans les pharmacies et les cabinets médicaux. Celle-ci rappelle notamment qu’à un médicament donné correspond un seul dispositif d’administration : ces dispositifs ne sont pas universels et sont spécifiques au médicament avec lequel ils ont été délivrés. Pour éviter les confusions, il faut donc toujours le conserver avec le produit correspondant et, en cas ne doute, demander conseil à un professionnel de santé. Et, comme pour tous les médicaments, n’oubliez jamais de bien lire les notices d’information fournies dans les boîtes.

Rôle de conseil des professionnels de santé

Les médecins, mais également les pharmaciens ont leur rôle à jouer. L’agence indique notamment qu’ils doivent systématiquement s’assurer que le patient ou la personne qui va donner le médicament a bien compris la posologie prescrite et le mode d’administration qui sera utilisé. Pour cela, elle recommande aux professionnels de santé de regarder, « dans la mesure du possible », le dispositif d’administration avec le patient et de veiller à privilégier le conditionnement le mieux adapté. Enfin, l’ANSM a engagé une réflexion avec le groupe de travail « Erreurs médicamenteuses », composé de professionnels de santé de terrain, pour améliorer la sécurité de ces dispositifs. Des recommandations devraient prochainement être proposées aux laboratoires pharmaceutiques.

Source
- « Pipettes et autres dispositifs d’administration des solutions buvables : attention aux erreurs », point d’information de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 25 novembre 2013.

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