Médicaments au volant : des risques à ne pas négliger

, par  Léa Vandeputte

En France, 3,4 % des accidents mortels de la route sont liés à une prise de médicaments. Une campagne de sensibilisation des patients a été lancée et trente nouveaux produits qui perturbent la vigilance au volant doivent désormais afficher un pictogramme d’information.

Certains traitements médicamenteux peuvent altérer les capacités de conduite d’un véhicule. « En France, 3,4 % des accidents mortels de la route sont liés à une prise de médicaments et, dans la moitié des cas, les traitements en cause sont des benzodiazépines (anxiolytiques ou somnifères), consommés par plus de 11 millions de personnes dans l’Hexagone », souligne l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Des pictogrammes pour informer

Face à ce constat, les autorités ont actualisé, dans un arrêté du 13 mars, la liste des médicaments jugés plus ou moins dangereux pour la conduite. Trente nouvelles substances actives ont été ajoutées et soixante-douze produits déjà présents dans la liste ont été réévalués. Parmi ces derniers, une quinzaine ont vu leur niveau de risque relevé jusqu’à être considérés comme incompatibles avec la conduite automobile.
Depuis 2008, des pictogrammes reflétant les différents niveaux de risque sont apposés sur les emballages extérieurs des boîtes de médicaments. Ils sont classés en trois catégories. Le niveau 1, « Soyez prudent », de couleur jaune, signifie que la prise du médicament ne remet généralement pas en cause la conduite de véhicules, mais nécessite que le patient soit informé avant de prendre le volant et qu’il reste attentif aux éventuels effets signalés dans la notice. Le niveau 2, « Soyez très prudent », avec un pictogramme orange, indique que le traitement peut remettre en cause la capacité à conduire. Le malade doit alors demander l’avis de son médecin ou de son pharmacien. Enfin, le niveau 3, « Attention, danger : ne pas conduire », de couleur rouge, prévient que le médicament rend la conduite dangereuse. Avant de reprendre le volant, il est impératif de demander conseil à son médecin ou à son pharmacien s’il s’agit d’un produit vendu sans ordonnance.

Une campagne de sensibilisation en pharmacie

Pour renforcer l’information du grand public sur les effets des médicaments, la Sécurité routière, la Direction générale de la santé et l’Ordre national des pharmaciens ont signé une convention et se sont associés pour lancer une campagne dans les officines. Un kit de communication, comprenant une affiche, un film d’animation pédagogique, un dépliant destiné au public et une fiche mémo, est mis à la disposition des pharmaciens. « Ces documents rappellent les trois pictogrammes de couleur jaune, orange et rouge apposés sur les boîtes de certains médicaments pouvant présenter des risques pour la conduite », indiquent-ils dans un communiqué du 22 mars. La convention engage pendant trois ans, jusqu’en février 2020, le ministère de la Santé, le ministère de l’Intérieur et l’Ordre des pharmaciens à mieux faire connaître aux conducteurs les risques liés à la prise de certains traitements.

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