Maladies chroniques : des traitements trop lourds pour 40 % des patients

, par  Delphine Delarue

Une étude menée par des médecins de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP) montre que près de quatre patients atteints de pathologie chronique sur dix sont épuisés et abattus par les contraintes de leur traitement.

Diabète, hypertension artérielle, insuffisance rénale, dépression, cancer… En France, 20 millions de personnes sont atteintes de maladie chronique. Des pathologies lourdes, dont la prise en charge est difficilement supportable sur le long terme. C’est ce que confirme une étude réalisée par une équipe du centre épidémiologique clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP, publiée par la revue scientifique Mayo Clinic Proceedingshttps://www.mayoclinicproceedings.o... et relayée par Le Parisienhttp://www.leparisien.fr/societe/sa... le 17 octobre. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur le travail de ComPaRe, la Communauté de Patients pour la recherche qui œuvre à l’amélioration de la qualité de vie des malades. Ils ont ainsi rassemblé le témoignage de 2 413 patients touchés par une pathologie chronique à propos de leur maladie, leurs symptômes, leurs traitements et leur impact sur le quotidien. Résultat : « 38 % (des sondés) ont déclaré qu’ils seraient incapables de continuer à investir autant d’énergie, de temps et d’argent dans leurs soins de santé tout au long de la vie », indique l’étude.

De longues heures consacrées à la prise en charge
« Une personne souffrant de diabète, d’hypertension et d’arthrose passe en moyenne 35 heures par mois, soit une semaine de travail à temps plein, à s’occuper de ses maladies », explique au quotidien le docteur Viet-Thi Tran, spécialiste en épidémiologie clinique et coauteur de l’étude. Des heures occupées à la prise du traitement, à l’auto-surveillance, aux démarches auprès de la mutuelle ou de l’Assurance maladie, aux rendez-vous à l’hôpital pour les examens et chez le médecin pour les consultations et le renouvellement des ordonnances… Autant de contraintes qui risquent de conduire les malades à de désengager des soins, prévient le docteur Viet-Thi Tran. Pour les chercheurs, ces conclusions invitent à repenser l’organisation de la prise en charge avec éventuellement un allègement des traitements lorsque c’est possible et peut-être aussi une amélioration de la relation patient-médecin.

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