Maladie de Lyme : le plan national de prévention se précise

, par  Isabelle Coston

Alors que les beaux jours reviennent, et avec eux les tiques, vecteurs de la maladie de Lyme, le ministère des Solidarités et de la Santé a fait un point sur les mesures prévues dans son plan national de prévention.

Le plan national de prévention et de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques entre dans sa troisième étape. En effet, le troisième comité de pilotage s’est tenu vendredi 4 mai afin de présenter toutes les mesures mises en place. Dans son communiqué, Santé publique France indique que « cette rencontre, présidée par le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, a permis de présenter aux associations les avancées réalisées pour la mise en œuvre des actions prévues dans le plan, moins de dix-huit mois après son lancement officiel ».

Signaler les morsures de tiques

La surveillance du territoire s’organise : l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ont présenté, à l’occasion de cette réunion, le bilan de l’utilisation du site SignalementTIQUE. Conçu pour que chaque citoyen participe à améliorer l’état des connaissances sur ces parasites, les maladies qu’ils véhiculent et établir une cartographie des régions les plus touchées en signalant, via son smartphone ou directement sur le site, une morsure de tique sur soi-même ou sur son animal de compagnie. Car « pour mieux prévenir les piqûres de tiques, il est important de savoir où et quand elles piquent », rappellent les auteurs du site. Après avoir signalé la morsure et photographié la tique sur le site, il faut envoyer cette dernière par courrier au laboratoire de l’Inra de Nancy afin qu’elle soit examinée.
L’application a rencontré un certain succès depuis son lancement en 2017, puisque « à ce jour, plus de 35 000 chargements ont été enregistrés et 5 000 piqûres signalées », précise Santé publique France. D’autres méthodes de surveillance, comme le réseau Sentinelles, permettent aussi de collecter des données précieuses pour mesurer l’incidence de la maladie de Lyme et de mieux lutter contre. « Ces données, encore préliminaires, seront publiées mi-juin 2018 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire », note l’Autorité sanitaire. De son côté, l’Anses a fait part de ses conclusions sur l’efficacité des produits répulsifs. Selon l’Agence, les produits répulsifs disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) garantissent, « dans les conditions d’emploi préconisées, une protection efficace contre les tiques et l’absence d’effets nocifs pour la santé humaine et l’environnement ».

Améliorer la prise en charge

Lorsque l’on n’a pas pu éviter la morsure, il faut vite évaluer le risque d’être infecté par la maladie de Lyme, car cette pathologie bactérienne peut dégénérer en maladie chronique, des mois, voire des années plus tard, si elle n’est pas détectée. C’est la raison pour laquelle les autorités sanitaires, dans le but de rattraper le retard de la France, ont insisté sur la nécessité d’harmoniser les modalités de prise en charge sur le territoire « sur la base d’une analyse de l’état de l’art médical au niveau international ». Pour cela un programme national de diagnostic et de soins (PNDS) a été élaboré avec les professionnels et les associations de patients. Ce PNDS, qui doit être validé par le collège de la Haute Autorité sanitaire (HAS) au mois d’avril 2019, « servira de base à la mise en place d’un parcours gradué de soins, comprenant les médecins généralistes, des centres de compétence pluridisciplinaire dans chaque région et cinq centres de référence interrégionaux qui seront mis en place en janvier 2019, sous l’autorité des agences régionales de santé », indique le ministère.

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